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Face aux violences policières, les sportifs américains se mobilisent

Etats-Unis: Face aux violences policières faites aux Noirs, les sportifs sont en train de révolutionner la protestation sociale

SPORT ET POLITIQUEEt si les premiers acteurs de la contestation sociale étaient les sportifs ?...
Bertrand Volpilhac

B.V.

En France, nous avons la chance de compter sur des esprits aussi éclairés que celui de Luc Ferry pour faire avancer les causes justes. Pendant que l’ancien ministre déverse sa ringardise et son étroitesse d’esprit dans un édito décérébrés, de nombreux athlètes américains sont en train de faire naître un mouvement de contestation social d’ampleur nationale aux Etats-Unis.

Tout est parti d’un geste. Lors de plusieurs matchs de présaison en foot américain en août, le quarterback star de San Francisco Colin Kaepernick - joué avant chaque rencontre - plutôt comme de se tenir débout et la main sur le cœur, tourné vers le drapeau américain, comme le veut la tradition. Un geste politique qui rappelle, toutes proportions gardées,

« Je ne vais pas afficher de fierté pour le drapeau d’un pays qui opprime les noirs et les gens de couleur », justifia-t-il, faisant référence aux nombreuses violences policières faites aux personnes de couleur noire durant les derniers mois.

Il poursuivait :

«  « Pour moi, c’est plus important que le football et ce serait égoïste de ma part de ne pas y prêter attention. Il y a des cadavres dans la rue et des meurtriers qui s’en tirent avec leurs congés payés »  »

Inévitablement, la polémique est née. Et l’Amérique s’est divisée. Taxé d’antipatriotisme, Kaepernick a subi un déferlement de la sphère nationaliste US. Donald Trump lui a demandé de « chercher un pays qui lui convenait mieux ». Mais il a aussi reçu de nombreux soutiens à la cause ou à sa liberté de parole : des vétérans de guerre, , et désormais d’autres sportifs.

« Le drapeau américain ne protège pas toutes les libertés »

La semaine passée, c’est une star de l’équipe US de foot féminin (très populaire là-bas) Megan Rapinoe . « C’est vraiment dégoûtant la façon dont il a été traité. Etant homosexuelle, je sais ce que veut dire regarder le drapeau américain en étant consciente qu’il ne protège pas toutes les libertés. C’est important que des Blancs apportent aussi leur soutien aux gens de couleurs. »

Surtout, la contestation risque de prendre une toute autre ampleur ce week-end. Pourquoi ? Parce que c’est le début de la saison de football américain, le sport roi aux Etats-Unis. Dès la première rencontre jeudi soir, le joueur de Denver Brandon Marshall a effectué le geste de protestation.

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« Le message, c’est contre l’injustice sociale, a-t-il ensuite expliqué. Je ne suis pas contre la police, les militaires ou les Etats-Unis, pas du tout. Je suis contre l’injustice sociale et je pense que c’est la bonne chose à faire. C’est le bon endroit pour le faire. C’est la seule plate-forme que nous avons pour être entendus. »

Et les médias américains s’attendent à un déferlement d’hymnes à genoux dimanche, au début des autres matchs. L’ensemble de l’équipe des Seattle Seahawks, considéré comme l’une des favorites au titre, a déjà annoncé préparer « une grosse surprise » pour participer au mouvement, avec la bénédiction de leur coach. « Ce que nous allons faire, ce ne sera pas fait de manière individuelle, mais ensemble, . C’est ce que le monde a besoin de voir. Le monde a besoin de voir des gens qui se rassemblent plutôt que des gens qui agissent individuellement. »

Sur Twitter, le receveur des Seahawks a déjà préparé le terrain en soutenant Colin Kaepernick. « On honore ceux qui se battent pour la liberté d’expression et on condamne ceux qui l’utilisent ? Ne me dites pas que vous êtes en désaccord avec les méthodes. Vous êtes en désaccord avec la cause. Pour changer le statu quo, il faut le bousculer. Il faut se lever (ou s’agenouiller) pour ce en quoi vous croyiez. »

A part ça, les sportifs sont des veaux.