Olivier Krumbholz lors de France-Pays-Bas le 18 août 2016.
Olivier Krumbholz lors de France-Pays-Bas le 18 août 2016. — Roberto SCHMIDT / afp

JEUX OLYMPIQUES

JO 2016: Comment le Olivier Krumbholz ultra autoritaire est devenu un coach cool

Si la France joue l'or contre la Russie ce samedi, c'est en partie parce que le boss s'est détendu...

De notre envoyé spécial à Rio,

« Oooooooooooooooooh non, ça n’est plus le même. » L’intonation dans la voix de Valérie Nicolas vaut toutes les longues explications du monde. Même depuis les tribunes, où elle suit les JO comme consultante pour France Télévisions, l’ancienne gardienne des Bleus ne reconnaît plus Olivier Krumbholz. Son coach au management ultra-autoritaire, porté sur les coups de gueule à répétition, a vécu. A Rio, les Bleues, opposées à la Russie ce samedi en finale (20h30) font avec un Krumbholz plus doux, davantage père de famille un peu strict.

Quand fallait vraiment pas emmerder Olivier.
Quand fallait vraiment pas emmerder Olivier. - AFP

En même temps, il a eu le temps de repenser son attitude. Début 2013, il est débarqué après un échec aux JO de Londres et à l’Euro. Le fort en gueule, à la tête de la sélection pendant quinze ans, paie la crispation de certaines cadres. « Il a été touché et a eu le temps d’analyser le pourquoi de la chose, souligne Véronique Pecqueux-Rolland, retenue à Sidney et Athènes. C’était un mal pour un bien. »

A chaque campagne, le coach y allait de son coup de gueule et tout le monde mangeait cher.

  • Après la quatrième place à Athènes : « Les joueuses psychotent. Pour certaines, il va falloir tourner la page. »
  • Lors des JO 2008 : « On est trop pitoyables pour que ce soit l’équipe de France. »
  • Après l’élimination précoce de l’Euro 2012 : « Une seule question se pose : qu’est-ce qu’elles sont venues faire ici ? »

« Il imposait beaucoup de choses. Quand on était aux Jeux, il était hyper stressé, se souvient Valérie Nicolas. Ça rejaillissait sur certaines joueuses et ça nuisait à l’équipe. » Remplacé par Alain Portes, Krumbholz coupe. Se remet à la moto et prend du recul sur le milieu. Mais quand la fédération l’appelle en début de l’année,alors que Portes a été éjecté par les joueuses, l’ancien coach accepte de reprendre du service pour remonter à l’arrache un groupe compétitif pour Rio.

Content le coach.
Content le coach. - SIPA

« J’ai évolué, je me sens plus comme quelqu’un qui vient aider », résumait-il avant les Jeux. « Il dégage de la sérénité, glisse Camille Ayglon-Saurina, qui a connu les deux facettes du bonhomme. Il s’emporte moins et s’appuie plus sur l’expérience de son groupe. »

Il a dit oui à la cérémonie d’ouverture

Plus cool, Olivier Krumbolz a remotivé son équipe par une plaisanterie alors qu’elle était menée de sept buts à la mi-temps du quart de finale contre l’Espagne. Et la veille du premier match, il avait accepté que ses joueuses participent à la cérémonie d’ouverture, là où il s’était montré intransigeant à Pékin et à Londres.

Attention, le boss ne dit pas amen à tout non plus. Après la courte défaite contre la Russie en poule (25-26), il avait fait une petite remontée de bretelles sur les techniques de tir pour surprendre la gardienne adverse. Attention à ne pas trop l’agacer quand même.