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JO 2016: «Je voyais les Espagnoles qui se foutaient de ma gueule», les Bleues racontent leur come-back dinguissime
HANDBALL•Menée de 4 buts à 4 minutes de la fin, l’équipe de France féminine s’est qualifiée pour les demies des JO…B.V.
De notre envoyé spécial à Rio,
« Je m’en souviendrai longtemps de celui-là. C’est le match plus exceptionnel de toute ma carrière. » On va faire confiance à Siraba Dembélé et ses 175 sélections pour l’affirmer : ce France-Espagne en quarts des JO était absolument insensé. Menées de 7 buts à la mi-temps puis de quatre à quatre minutes de la fin, les Bleues sont allées chercher au bout d’elle-même la prolongation, avant de finalement se qualifier pour les demies. Depuis la mi-temps jusqu’à leur joie dingue dans la zone mixte, elles vous racontent leur exploit.
Dans le vestiaire à la mi-temps (L’Espagne mène 12-5) : « Il y avait un sourire sur le visage d’Alexandra Lacrabère »
Totalement dépassées en première mi-temps, les Bleues ont trouvé les mots dans le vestiaire pour se remettre dans. « Olivier nous a ressorti sa petite blague de 2003, il disait qu’il avait remonté 7 buts en 7 minutes (en finale des Mondiaux face à la Hongrie) et que c’était possible, qu’on allait pouvoir mettre du doute dans leur tête si on revenait à trois ou quatre buts », explique Gnionsiane Niombla.
« On se dit qu’on peut le faire et qu’à aucun moment faut lâcher l’affaire, enchaîne Laurisa Landre. Il y a un sourire sur le visage d’Alexandra Lacrabère qui nous dit on y croit, du coup on sourit aussi. Et on y croit vraiment, c’est ça le pire. » « De toute façon on ne pouvait pas jouer plus mal que ce qu’on faisait, poursuit ladite Lacrabère. Mais on pensait que physiquement on allait les exploser si on continuait à jouer ensemble. »
Au début de la 2e mi-temps (Les Bleus reviennent à -5) : « On voit les Espagnoles qui rigolent, elles pensent que le match était déjà gagné »
Mieux dans le jeu, les Françaises recollent un peu dans les premières secondes de la deuxième période. « Quand on arrive sur le terrain pour la reprise, on sait qu’il va se passer quelque chose, assure Laurisa Landre. On voit les Espagnoles qui rigolent, elles pensent que le match est déjà gagné. Nous, on sent qu’il va y avoir quelque chose, que des choses vont arriver. »
Les dix dernières minutes (Les Bleus passent de -5 à égalité) : « On les a complètement dominées »
Après avoir maintenu son avance pendant quasiment toute la deuxième mi-temps, l’Espagne aborde les dix dernières minutes avec 5 buts d’avance. Avant de totalement craquer dans le money-time. « Elles ont arrêté de jouer, elles ont géré le temps, remarque Siraba Dembélé. Mais pas nous : quand on revenait, elles essayaient de montrer qu’elles ne paniquaient pas, nous on mettait encore plus de pression. On les a complètement dominées. »
Pour Alexandra Lacrabère, c’est un penalty de Niombla (qui permet à la France de revenir à quatre buts) le déclic : « Je me dis que si celui-là il rentre, on fait prolongations et on gagne derrière. Vous êtes pas obligé de me croire mais c’est ce qu’il m’est passé par la tête. » Elle harangue alors les fans français dans les trirbunes. « J’aime bien jouer avec le public, explique-t-elle. Je voyais les Espagnoles qui se foutaient de ma gueule. Moi je m’en fous, c’est marrant. C’était marrant de les voir baisser la tête aussi. »
Pour l’analyse technico-tactique, voir avec le coach, Olivier Krumbholz : « Estelle Nze Minko et Gnionsiane Niombla ont plus pris le jeu à leur compte. Ça nous a donné du punch et libéré Lacrabère et Pineau. On a retrouvé de la fraîcheur alors qu’en face, elles commençaient à piquer du nez et à douter. L’Espagne a craqué dans tous les domaines. »
La prolongation (Les Bleues s’imposent 27-26) : « Je savais qu’on avait gagné »
Revenues de nulle part, les Françaises font la course en tête pendant que les Espagnoles tapent le poteau. « A la fin du temps réglementaire, je savais qu’on avait gagné, assure Lacrabère. On avait l’ascendant psychologique. Imaginez, vous gagnez sept buts et vous vous faites remonter, en plus vous êtes fatiguées. Alors que nous, émotionnellement, on était dopées. » Les Bleues s’imposent 27-26.
L’après-match : « Je vous le dis, on va gagner la demi-finale »
Totalement jouissif. Sur un dernier tir raté par les Espagnoles, les Françaises exultent, se jettent dans les bras les unes des autres, pleurent allongées au sol, n’arrivent pas à en revenir. « Emotionnellement j’avais jamais vécu ça », rigole Laurisa Landra en zone mixte, alors que passent derrière elle des Espagnoles en pleurs.
Euphorique, Alexandra Lacrabère pense déjà à la demie (jeudi, 15h30) : « On est haut là, mais après les Pays-Bas on sera encore plus haut. On ne les prend pas à la légère, mais ça nous donne des ailes, de la confiance, et on va encore monter d’une charge. On sait qu’elles sont fortes, mais on sera plus fortes qu’elles. On va les gagner. Je vous le dis. » Et si c’est avec le même scénario, on prend aussi.


















