Les «clashicos» du Classico (4/5): Pandémie et guérilla, ambiance de fin du monde autour du OM-PSG de 2009

FOOTBALL Toute la semaine, «20 Minutes» revient sur les matchs souvent tendus entre l’OM et le PSG…

Nicolas Camus
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Des supporters mécontents du report du match OM-PSG, le 25 octobre 2009, à Marseille.
Des supporters mécontents du report du match OM-PSG, le 25 octobre 2009, à Marseille. — GERARD JULIEN / AFP

Avant de devenir le Classico, c’était déjà le match le plus chaud de Ligue 1. Alors que se profile un OM-PSG décisif dans la course au titre dimanche soir, 20 Minutes revient sur les scènes de légende ayant émaillé les rencontres entre les deux équipes. Bagarres, coups fourrés, gestes techniques fous et polémiques, le Classico a souvent débordé du simple terrain.

Quatrième épisode: Le virus H1N1 sème la pagaille à Marseille (25 octobre 2009, 10e journée de Ligue 1)

On ne serre plus la main des adversaires, on ne se fait plus de bisous pour célébrer un but. En ce début de saison 2009-2010, la Ligue 1 a peur. Le virus H1N1 commence à se propager en France, et en septembre, la pandémie est à son pic. La LFP envoie ses conseils de prévention aux clubs. Cela ne suffit pas. Après quelques cas isolés dans des clubs de L1, le vestiaire du PSG est touché. Ludovic Giuly et Mamadou Sakho sont les premiers. Le Classico du dimanche 25 octobre est menacé… et finalement reporté, après que Jérémy Clément a lui aussi contracté le virus. La fin du Classico est proche.



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«On avait fait des recommandations au ministère de la Santé, et il avait été décidé qu’à partir de trois joueurs suspects dans une équipe, il fallait reporter, se souvient le Professeur Pierre Rochcongar, qui présidait la commission d'experts médicaux spécialement mise en place. On a eu les résultats des analyses biologiques le dimanche matin qui confirmaient ces trois cas, la Ligue a tranché.» En plus de ces trois joueurs, Claude Makelele et Loris Arnaud présentent également les symptômes du virus.

 

Loris Arnaud en quarantaine. - GERARD JULIEN / AFP

 

 

S’il n’a fait, avec ses collègues, que suivre la procédure, le fait que ce soit un OM-PSG en jeu a rendu cette journée particulièrement stressante. «Ça a été assez lourd à gérer. Je me souviens très bien de ce week-end, minute par minute. J’ai donné…» souffle le Pr Rochcongar, qui se rappelle les polémiques ayant découlé de cette décision. Les présidents des deux clubs, notamment, avaient piqué une colère. «C’est samedi qu’il fallait prendre cette décision», avait tonné Jean-Claude Dassier, tandis que son homologue Robin Leproux s’était étonné que le président de la LFP, Frédéric Thiriez, se montre aussi sûr de lui la veille du match, avant de devoir faire machine arrière: «Il y avait encore plein d'incertitudes sur la tenue de ce match. Il ne fallait pas dire aux supporters: "Descendez à Marseille, le match aura lieu."»

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Non, il ne fallait pas. Enervés par ce report, les supporters des deux camps vont transformer Marseille en zone de guérilla urbaine. «C’était comme à la télé, une vraie scène de mini-guerre, avec tout le monde qui court dans tous les sens pour se sauver», raconte Sylvain. Ce supporter de l’OM était descendu du Nord avec deux amis pour assister au match. A la place, il a pris «des gaz lacrymogènes et des jets de pierre». «On a appris le report vers 14h, à l’OM Café. Le patron a tout de suite vidé les lieux, et en une demi-heure ça a dégénéré.»

D’abord entre les supporters de l’OM et les CRS mobilisés pour éviter la rencontre avec les Parisiens. «Le pire ça a été le soir, reprend Sylvain. Ça s’était calmé, les CRS étaient partis, et là les supporters des deux clubs se sont retrouvés. C’était très impressionnant.» Un fan du PSG, notamment, s'était notamment fait rouler dessus par une voiture.



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En prenant cette décision, la commission d’experts connaissait les risques encourus. «Je sais bien ce qui s’est passé… Mais ce n’était pas à nous de prendre en compte les risques d’émeutes et de débordements. Nous, c’était la santé, précise le Professeur Rochcongar, dont la voix trahit l'émotion toujours présente. Ça n’a pas été très simple, même psychologiquement, à vivre. Mais quand on est aux responsabilités, il faut savoir les prendre.» Le match sera finalement joué un mois plus tard. Le duo Heinze-Diawara fera monter la fièvre au Vélodrome, inscrivant de concert le but de la victoire olympienne (1-0).