Si Paul Gascoigne est devenu alcoolique, c'est à cause des écoutes téléphoniques

FOOTBALL C'est la version livrée par l'ancien joueur au tribunal...

A.M. avec AFP

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L'ancien footballeur anglais Paul Gascoigne, en août 2013.
L'ancien footballeur anglais Paul Gascoigne, en août 2013. — JUSTIN TALLIS / AFP

L'ancienne star du football anglais Paul Gascoigne, qui peine à se défaire de ses différentes addictions, a lié mercredi son alcoolisme aux écoutes téléphoniques dont il a été victime entre 2000 et 2010 dans la presse. «J'aimerais échanger mon téléphone portable contre un cercueil parce que ces mecs-là ont ruiné ma vie», a-t-il déclaré devant la Haute-Cour de Londres en visant les journalistes du groupe Mirror qui publie notamment le Daily Mirror et le Sunday Mirror.

«Je savais que j'étais mis sur écoute par le Mirror et ça a duré pendant des années. Je changeais de portable cinq à six fois par mois. Je n'osais plus parler à personne, ni à mes parents, ni à mes enfants, c'était juste horrible. Et les gens ne comprennent pas que je sois devenu alcoolique», a ajouté «Gazza» en tentant de retenir ses larmes.

«Personne ne voulait me croire»

L'ancien footballeur de 47 ans témoignait devant la Haute-Cour qui doit décider du montant des dédommagements que «Mirror Group Newspapers» doit verser à huit personnalités mises sur écoutes par les journalistes dans les années 2000. «Personne ne voulait me croire, que ce soit ma famille ou (son thérapeute) Johnny McKeown. Je lui parlais au téléphone et j'entendais très nettement le clic. Mais lui me disait que j'étais paranoïaque», a raconté Gascoigne, très ému.

Dans un texte transmis au tribunal, l'ex-international anglais aux 57 sélections dit avoir accusé à tort plusieurs membres de sa famille, comme sa belle-fille Bianca, d'avoir alimenté la presse avec des détails sur sa vie entre 2000 et 2006. Il n'a pas parlé à sa famille pendant deux ans et a refusé de fêter Noël avec elle parce qu'il était persuadé de la trahison. Il a aussi investi plus de 100.000 euros dans du matériel d'anti-espionnage début 2006. «J'étais obsédé par l'idée d'être surveillé 24 heures sur 24 pendant des années. Aucun esprit sain ne résisterait à une telle pression», souligne-t-il.

«Je suis bipolaire avec une tendance à l'addiction»

Il revient également sur sa longue descente aux enfers accélérée par l'alcool et d'autres addictions, à des drogues ou à la boisson énergisante Red Bull. «J'ai souffert de maladie mentale, de paranoïa, d'anxiété et d'idées suicidaires. Je suis bipolaire avec une tendance à l'addiction», écrit-il. Depuis son dernier match en 2004 sous les couleurs de Boston United, le meneur génial de Newcastle, Tottenham, de la Lazio Rome et des Glasgow Rangers a cumulé les séjours en cure et multiplié les écarts de conduite.

Son état de santé suscite régulièrement une vive inquiétude au Royaume-Uni, notamment à l'occasion de la publication de photos montrant un homme terriblement vieilli. «Ne donnez pas à boire à cet homme», avait titré en 2013 le tabloïd Sun en affichant en première page une photo d'un Gascoigne qualifié d'«épave».