Mondial de handball : «Il ne faut pas croire que ce sera facile contre l’Espagne», prévient Didier Dinart

HANDBALL L'adjoint d'Onesta juge la trajectoire des Bleus lors de ce mondial qatari...

Propos recueillis par Julien Laloye
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Didier Dinart sur les banc des Bleus, le 16 janvier 2015 au Qatar.
Didier Dinart sur les banc des Bleus, le 16 janvier 2015 au Qatar. — S.Pillaud / FFHB/SIPA

Il n’apporte plus sa férocité sur le terrain, mais Didier Dinart n’est jamais très loin de la défense des Bleus, qu’il surveille de près derrière ses lunettes de professeur de 6-0. Désormais bien installé dans son rôle d’adjoint de Claude Onesta, le triple champion du monde veut freiner l’enthousiasme ambiant avant la demi-finale des Bleus contre l’Espagne vendredi.

Si je vous dis que le vainqueur de France-Espagne est presque champion du monde, vous me suivez?

C’est une finale avant l’heure, c’est sûr. Après tout le monde dit qu’on a l’habitude de battre l’Espagne en demi-finales, qu’on a l’avantage psychologique sur eux et compagnie, mais l’Espagne ce n’est jamais facile pour nous. C’est une équipe qui arrive en demi-finale dans un très bel état de forme et avec une victoire probante contre le Danemark. C’est toujours serré contre eux.

Cette équipe a vraiment les moyens de vous enquiquiner?

Les Espagnols pratiquent un jeu qui nous ressemble un peu, stratégiquement, ils ont la même façon de défendre. C’est pour ça que ça se transforme souvent en partie d’échec d’une heure où c’est le plus déterminé qui finit par gagner. Tout le monde tire des plans sur la comète et nous voit déjà champions du monde, mais parfois il y a des grands joueurs qui à un moment donné vont rater deux ou trois tirs qu’ils ne doivent pas rater…

La France est montée en puissance progressivement dans ce Mondial. Avez-vous eu peur un moment qu’elle ne décolle pas?

Disons que la trajectoire de l’équipe pour l’instant est telle qu’on l’espérait dans le staff. On savait qu’on allait souffrir lors du tour préliminaire, en partie parce qu’on a rencontré des défenses étagées qui ont pratiquement disparu au niveau international. Il nous a fallu un temps d’adaptation, mais on a vu contre l’Argentine que les ajustements avaient fonctionné. L’équilibre est fragile, certes, mais, on n’a jamais été en danger.

Si les Bleus défendent si bien, c’est grâce à votre expertise?

Ça il faut le demander aux joueurs, ce n’est pas à moi de dire si je fais bien mon travail. Evidemment, c’est toujours plaisant de constater que ce qu’on a préparé à l’entraînement fonctionne, mais maintenant, j’ai une vision plus globale de ce qu’on doit faire. Même l’attaque m’intéresse (rires).

Retourner sur le parquet, ça ne vous démange pas de temps?

Pas du tout. Mais alors vraiment pas. Le jour où j’ai arrêté c’était une décision réfléchie. Parfois, j’ai des amis qui m’appellent pour faire un jubilé, je dis non à chaque fois. Maintenant, je suis dans une autre étape de ma carrière, celle d’un tout jeune entraîneur qui a des ambitions. Vous ne me verrez plus jamais sur un terrain.

Karabatic n’a plus que deux buts à marquer pour arriver à 1.000 tout rond? Avez-vous prévu un petit quelque chose en cadeau?

Il va arriver aux 1.000 demain Niko ? Je ne savais pas. Bon Jérôme a le record, mais je pense qu’en longévité, Nikola le battra. Avant c’était Kervadec, après Volle… Ce sont des challenges personnels mais je ne crois pas que ce soit un but recherché pour qui que ce soit. Nikola ne va pas tirer exprès pour arriver à 1.000.

On a parfois eu l’impression pendant la compétition d’une baisse de niveau des grandes nations, en dehors de la France. Vous souscrivez à cette analyse?

Dire ça, c’est faire peu de cas de la puissance de feu du Qatar ou de la Pologne. Je vous assure que ce sont de très bonnes équipes. L’Allemagne reconstruit un groupe jeune, l’Espagne est là, je ne vois pas en quoi le niveau aurait baissé. Je pense surtout qu’il faut saluer la performance de l’équipe de France, qui est à sa place, en demi-finales, avec la possibilité de lutter pour une médaille. Il ne faut pas banaliser ce que réussit cette équipe depuis tant d’années.