Laure Boulleau: Pourquoi ce n’est pas si compliqué de manquer des contrôles anti-dopage

FOOTBALL La joueuse du PSG et des Bleues aurait raté trois examens…

Antoine Maes

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La joueuse de l'équipe de France et du PSG Laure Boulleau, en février 2014, à Amiens.
La joueuse de l'équipe de France et du PSG Laure Boulleau, en février 2014, à Amiens. — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Dans son malheur, Laure Boulleau n’est pas seule. La joueuse du PSG et de l’équipe de France fait face à une procédure pour avoir manqué trois contrôles antidopage. Ce n’est ni la première, ni la dernière. Avant elle, des sportifs comme le rugbyman Yoann Huget ou le cycliste Grégory Baugé s’étaient aussi emmêlé les pinceaux avec le fameux logiciel Adams, qui permet la localisation des sportifs en vue d’éventuels contrôles. Un système qui n’est pas infaillible, pour plusieurs raisons.

Parce que certains sont tête en l’air

A l’image d’un Thomas Thévenoud, les sportifs souffrent parfois de «phobie administrative». Les bases sont pourtant simples: les athlètes doivent indiquer une heure par jour durant laquelle ils sont certains de se trouver à un lieu donné, fournir un programme précis semaine par semaine, et peuvent en changer la veille jusqu’à 17h. Il faut «trois manquements quelconques pendant une période de dix-huit mois consécutifs», pour que l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) s’en mêle. Le pistard Grégory Baugé, suspendu un an en 2012 pour trois défauts de localisation, n’a pas rejeté sa faute: «Avec mon statut, j’aurais dû faire plus attention, c’est clair. C’est une erreur de ma part. Maintenant, c’est arrivé à moi, cela aurait pu arriver à d’autres», expliquait-il au Figaro. Une notification est censée être donnée au contrevenant après chaque infraction. Et l’AFLD a même édité un tutoriel en ligne pour guider les étourdis, où ceux qui sont allergiques à l’informatique.

Parce que ça ne veut pas dire qu'on se dope

Etre suspendu à cause d’Adams, ça ne vaut pas un contrôle positif, mais ça ne vaut pas non plus innocence totale. Parfois, les sportifs ont tendance à considérer un manquement comme quelque chose d’anodin. Avant que la suspicion ne les fasse bondir. Le rugbyman Djibril Camara avait écopé de six mois de suspension en juillet 2012, et avait très mal vécu l’épisode. «Parce que je ne suis pas dopé et que je ne comprends pas qu’on puisse suspendre des personnes qui ne sont pas dopées. Je parle aussi pour Huget qui a été dans le même cas, ou le cycliste Offredo. Avec ces sanctions, tu peux tuer la carrière de quelqu’un», regrettait le joueur du Stade Français dans une interview à 20 Minutes. En sursis pendant six mois après sa sanction, il n’a plus été pris en défaut. «Je suis plus vigilant sur la localisation, expliquait-il. Quand tu ne te réveilles pas un matin et que les contrôleurs sont-là, tu ne peux en vouloir qu’à toi-même».

Parce que les sanctions ne sont pas toujours dissuasives

La première sanction est plus morale que légale. L’AFLD définit en effet en amont un «groupe cible» et prévient les sportifs qui en font partie. Mais même une fois que les trois manquements sont constatés, les contrevenants ne prennent pas automatiquement deux ans de suspension. En 2011, Jeannie Longo a été relaxée après avoir pu faire constater que, pour un seul des manquements, elle ne faisait plus partie du groupe cible de l’AFLD. L’Agence ne fixe d’ailleurs aucune sanction, se contentant de «transmettre à la fédération compétente un constat d’infraction faisant encourir à l’intéressé une suspension comprise entre 1 an et 2 ans».