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Coupe Davis: Quand Roger Federer remportait le premier tournoi de sa vie…à Marcq-en-Baroeul

Coupe Davis: Quand Roger Federer remportait le premier tournoi de sa vie…à Marcq-en-Baroeul

TENNISLe Suisse va retrouver les courts qui l’ont vu gagner son premier trophée chez les jeunes…
Julien Laloye avec François Launay, à Lille.

Julien Laloye avec François Launay, à Lille.

Roger Federer n’est pas tout à fait un ch’ti, mais pas loin, et on ne dit pas ça pour l’accent. A moins que la blessure au dos qui l'a empêché de défier Djokovic en finale du Masters dimanche ne soit trop grave, S.M. devrait venir taper quelques balles sur les courts de Marcq-en-Baroeul lundi, le temps que le court du stade Pierre Mauroy ne soit définitivement sur pied pour la finale de la Coupe Davis. Si le Suisse a de la mémoire, cela devrait lui rappeler quelques souvenirs: c’est en effet sur les terrains de la Ligue des Flandres que le n°2 mondial a remporté le premier tournoi de sa vie, en 1997.

«Ce n’était même pas le favori du tournoi»

«Rodgeur» avait 16 ans, un peu d’acné, un français balbutiant, et un niveau tennistique honorable pour son âge, sans plus. «Il jouait très bien mais on ne pouvait pas penser qu’il deviendrait un jour numéro 1 mondial, se souvient Gérard Delmarle, secrétaire général de la Ligue des Flandres, présent cette année-là. Un joueur comme Gaël Monfils (vainqueur du même tournoi en 2002) m’avait fait meilleure impression à son âge. D’ailleurs, ce n’était pas spécialement le favori du tournoi». Non, la terreur du tournoi des Hauts de France, qui opposait chaque année jusqu’à 2008 les meilleurs espoirs européens de15 et 16 ans, c’était le Français Paul-Henri Mathieu et son lift de mammouth travaillé à l’école Bollettieri.



«Paulo pouvait mettre des volées à tout le monde, il était bien plus impressionnant» se remémore François Vatin, bon espoir tricolore à l’adolescence avant de tout plaquer pour devenir ostéopathe. Le garçon avait perdu contre Federer en huitièmes de finale, 6-4, 6-2. «Il était doué d’accord, mais il n’était pas 15 kilomètres devant les autres non plus, loin de là. Ce jour-là je prends deux sets, mais sans avoir l’impression qu’il est meilleur que moi. A l’époque, il était très nerveux sur le terrain et il n’aimait vraiment pas perdre.» Jusqu’à éclater en sanglots dans les vestiaires à cause d’une défaite frustrante ou à dégoupiller en plein match pour une histoire de coup droit trop long.

«On pouvait le côtoyer sans problème»

Cela ne faisait pas pour autant de Federer un ado détestable, au contraire. «C’était quelqu’un qu’on pouvait côtoyer sans problème. Un mec cool, qui ne restait pas dans son coin comme certains qui n’ont jamais percé et à qui tu ne pouvais pas parler parce qu’ils étaient au-dessus à cet âge». Le portrait fait sourire quand on compare à celui de l’homme aux 17 Grands Chelems, aujourd’hui entouré d’une garde prétorienne infranchissable commandée par sa femme Mirka, mais il est conforme au Federer de l’époque, appuie Gérard Delmarle. «Par rapport à certains jeunes qu’on voyait et où il y avait beaucoup d’effervescence autour d’eux, lui était très posé, très calme. Il était très discret au point qu’on ne s’est pas vraiment attardé sur lui». Lundi, Si Federer passe une tête, cela devrait être un peu différent.