Accident de Jules Bianchi: À Brignoles, là où tout a commencé pour le pilote français

F1 Le pilote de F1 de l'équipe Marussia est toujours entre la vie et la mort au Japon, après son terrible accident sur le circuit de Suzuka...

Camille Belsoeur, à Brignoles

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Une affiche collée sur la devanture d'une boutique à Brignoles, le 14 octobre 2014.
Une affiche collée sur la devanture d'une boutique à Brignoles, le 14 octobre 2014. — C.Belsoeur / 20 Minutes

La nouvelle, terrible, est venue ce mardi matin du lointain Japon dans le bourg tranquille de Brignoles, dans le Var. Dans une interview accordée au journal italien Gazzetta dello Sportle père du pilote Philippe Bianchi confie que pour son fils, «la situation est désespérée». Grièvement touché à la tête, le Français de chez Marussia est toujours à l’hôpital de Yokkaichi au Japon. «Il ne va pas abandonner, je suis sûr de ça», explique Philippe Bianchi.

> Jules Bianchi, le petit prodige de la famille F1

À Brignoles non plus, ses amis d'enfance, sa famille et plus généralement les habitants de ville, ne veulent pas abandonner. Sur le circuit de karting local, le BKL, là où Jules Bianchi a fait ses premières armes, l'émotion est palpable. «Je n'ai pas grand-chose à dire», dit Yannick Iglesias. Le patron du BKL voyait souvent l'enfant prodige venir donner quelques coups de volants sur le circuit, même depuis ses débuts en F1 en 2013. À quelques mètres de la piste, une combinaison de pilote Ferrari trône. Jules Bianchi avait en effet fait ses gammes dans la très prestigieuse Ferrari Driver Academy avant de rejoindre l'écurie de Marussia. À côté, des photos du pilote français ont été apposées au mur. Des mots de réconfort sont écrits à la main par des fans. «Forza Jules» ou «Courage Jules», peut-on lire. 

«Tous nos stickers sont partis en une demi-heure»

Cruel clin d'oeil du destin, sur la piste de karting du BKL, Jules Bianchi, âgé de 11 ans, avait un jour défié Michael Schumacher. «Un jour, mon papa est venu me chercher à l'école en disant qu'il y avait un problème familial, racontait le jeune pilote français de 25 ans à Nice-Matin, l'an dernier. Il m'a emmené à la piste de kart de Brignoles. Michael Schumacher était là. J'ai un peu halluciné quand je l'ai vu. C'était un moment super. J'ai roulé avec lui, mais il m'a battu.»

Dans les rues étroites du centre-ville, le visage de Jules Bianchi s'affiche également partout. La mairie, dirigée par Josette Pons (UMP), a fourni des stickers où s'affiche l'inscription «Tous avec Jules» aux commerçants brignolais demandeurs. «On en a imprimé 300, ils sont tous partis en une demi-heure», nous affirme le cabinet de Josette Pons. Cette dernière ne souhaite pas s'exprimer, «par respect pour la famille Bianchi». Pour Catherine, gérante d'une boutique de prêt-à-porter féminin qui a collé le fameux sticker sur sa vitrine, «il est important que les gens affichent leur solidarité avec la famille Bianchi. Ils vivent des moments tellement douleureux, que si l'on peut aider un petit peu, on le fait sans hésiter.»

Près de 7.000 likes sur une page Facebook locale

Plusieurs amis d'enfance de Jules Bianchi ont eux décidé de créer une page Facebook de soutien au pilote. Intitulée «Soutien de tous les Brignolais à notre champion Jules Bianchi», la page affichait 6.969 likes mardi en fin d'après-midi. «Nous avons connu Jules par le biais du Karting de Brignoles où il a commencé ses débuts. Nous l'avons suivi tout au long de sa carrière et encouragé», nous indique l'un des fondateurs de la page via le réseau social. Tous sont de la même génération que Jules Bianchi, mais ils ne veulent pas en dire plus. Là encore, par pudeur.