Yohann Diniz après son record du monde, le 15 août 2014
Yohann Diniz après son record du monde, le 15 août 2014 — Walter Bieri/AP/SIPA

ATHLETISME

Championnats d’Europe de Zurich: Yohann Diniz a fait «la course de sa vie»

Il a battu le record du monde du 50km marche…

«J'ai fait la course de ma vie à Zurich», s'est exclamé Yohann Diniz pour qualifier vendredi la portée d'un troisième titre consécutif de champion d'Europe du 50 km marche, une première assortie d'un somptueux record du monde (3 heures 32 minutes 33 sec). Diniz est revenu de «quatre ans d'un grand, grand, grand trou noir».

Les blessures, les coups de moins bien. Et un chemin de croix dont les stations s'appellent Pékin/JO-2008 (abandon), Mondiaux-2009 de Berlin (12e), Daegu (Corée du Sud/Mondiaux-2011), où il avait été expulsé pour marche incorrecte alors qu'il menait grand train. Puis Londres, aux Jeux-2012, où, malgré une chute, il avait terminé huitième après moultes péripéties (chute notamment), avant d'être disqualifié pour ravitaillement hors zone.

La lumière à Moscou

En 2013, à Moscou, au bord de l'abandon, il avait tenu à terminer dans l'anonymat d'une dixième place. Mais c'est bien dans la capitale russe qu'il avait entrevu la lumière. Il lui avait alors fallu se séparer de Pascal Chirat, son entraîneur et manager de la marche athlétique en équipe de France. Parce que l'affectif masquait les problèmes.

Diniz a donc remis les choses à plat et retrouvé un entraîneur dans son club de Reims, Gilles Rocca. Il a aussi écouté le technicien italien Pietro Pastorini, qui lui «a apporté de très bons conseils pour changer (sa) technique et ne plus avoir de problèmes avec les juges». Ainsi remis sur les rails, Diniz est reparti. «Je ne savais pas vraiment ce que je valais. C'était mon premier 50 km cette saison. Mais j'avais travaillé toutes les allures, du 5 au 50 km», a rappelé le Champenois, devenu un forçat de la natation après une fissure osseuse à un talon en février dernier.

« Il a traversé d'énormes épreuves et là il sort quelque chose de phénoménal. Il ne fait rien à moitié», a insisté Jean-Michel Serra, médecin des corps et des âmes en équipe de France. «Aujourd'hui, à partir du 10e km, ça a commencé à le déranger au niveau du ventre. On a géré sur les ravitaillements pour lui permettre de passer le cap douloureux», a souligné le «doc». On a ainsi vu Diniz vider des bouteilles d'eau dans son short tout en s'efforçant de sourire.