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Ligue 1: Pour l'entraîneur de Metz, Albert Cartier, «être à 99% ne suffira pas»
FOOTBALL•Le coach messin est à la tête d'un effectif dont la grande majorité va découvrir la Ligue 1...Propos recueillis par Nicolas Camus
Avant la reprise, 20 Minutes a choisi de s’intéresser au FC Metz. Comment le club lorrain a-t-il préparé son retour en Ligue 1, cinq ans après? Voici la deuxième partie de notre dossier, avec l’interview de l’entraîneur, Albert Cartier.
Voulu par le président Bernard Serin et le directeur sportif Dominique D’Onofrio, il symbolise le retour de Metz à ses valeurs historiques. Albert Cartier, joueur du club de 1987 à 1995 avant de devenir entraîneur de la réserve (1996-2000) puis de l’équipe première (quelques mois au cours de la saison 2000-2001), a pris en main l’équipe messine à l’été 2012, en National. Deux ans plus tard, il se prépare à accompagner son jeune groupe (environ 25 ans de moyenne d’âge) en Ligue 1. Il explique comment il a conditionné ses joueurs pour cet événement.
Comment sentez-vous vos joueurs avant cette reprise?
Après avoir souffert, couru, travaillé, fait des efforts, ils ont maintenant hâte de débuter et de connaître l’émotion et l’excitation de la vraie compétition. On entre enfin dans cette Ligue 1, en plus contre une très belle équipe [Lille] et dans un bel environnement avec son stade Pierre-Mauroy.
La Ligue 1 est une découverte pour la plupart d’entre eux. Comment les avez-vous préparés à ça?
La chose importante pour un joueur de Ligue 2 qui monte est d’être à l’écoute. Et pour ça, il faut déjà être dans le bon état d’esprit. Il faut qu’il soit positif, constructif. Tu sais que tu ne sais pas tout, tu sais que tu vas devoir progresser. De toute façon, on n’a pas le choix. Entre le premier et le dernier match, notre groupe doit progresser. On a un noyau d’une quinzaine de joueurs qui ont 22-23 ans. Ce noyau doit s’améliorer match après match. On a donc un double souci: il faut d’abord faire gagner cette équipe, parce que tu n’existes que si tu gagnes, et aussi la faire progresser.
Ce sera donc accepter les erreurs?
Oui bien sûr! D’ailleurs, je leur dis: faites des erreurs. Ça ne me dérange pas. De toute façon, ils vont en faire. Et ce sera à moi de les corriger. C’est à partir de ces erreurs qu’ils pourront bâtir quelque chose et se donner des objectifs de travail, une ligne de conduite. Ce n’est pas un problème s’ils se trompent. La seule chose qui peut m’en poser un, c’est s’ils ne font rien. Ce serait la pire des choses.
>> Le premier volet du dossier FC Metz à retrouver par ici
La pression de l’élite peut les inhiber…
Notre rôle, à moi et au staff, sera d’être un bouclier pour ces garçons-là. Pour les protéger de ce qui peut leur arriver: la pression, le public... Il peut y avoir des phénomènes extérieurs au groupe. La L1 accentue tout ça. Et en même temps, on est là aussi pour être exigeant. Au quotidien, à l’entraînement, avant et après l’entraînement, pour qu’ils soient toujours dans le souci du détail. Je suis toujours derrière eux. Ils doivent être à 100% tout le temps. Etre à 99%, ça ne suffira pas.
Cela fait partie de votre mission depuis votre retour au club?
On est toujours dans ce projet lancé depuis deux ans maintenant, lorsqu’on était en National. Le président a décidé que l’outil principal serait la formation. C’est notre leitmotiv, notre fil rouge. On s’appuie sur des joueurs qui ont été formés ici, qui ont un vécu, une dynamique, une expérience commune depuis quelques années. Après, pour les aider à grandir, on met à côté quelques joueurs d’expérience, parfois avec une autre culture. Je pense notamment aux Sud-Américains. Voir tous les jours Falcone et Palomino s’entraîner comme ça, pour les jeunes, c’est très motivant.
Le public semble adhérer. Il y avait du monde à l’entraînement tout à l’heure [mardi matin], la barre des 10.000 abonnés a été franchie…
Je sens le public heureux. Il a retrouvé dans ce groupe-là, depuis deux ans, des vertus qui ressemblent à celles d’ici, en Lorraine.
Elles s’étaient perdues selon vous?
C’est difficile de répondre car je n’étais pas là. Simplement je sais ce qu’un club comme Metz a à gagner en s’appuyant sur telle ou telle chose. L’humilité, la générosité, le sens du sacrifice, le partage… Toutes ces valeurs qui sont fortes ici en Lorraine doivent exister au club. Sinon, c’est compliqué. L’important est que chacun au club se sente bien à sa place, dans son rôle. Que chacun se dise qu’il est heureux, qu’il aime ce qu’il fait. Je dis souvent: si les joueurs ont le sourire, c’est parce que les gens autour d’eux aussi. C’est communicatif. Mais tout ça se crée et doit s’entretenir. Il faut rester vigilant.


















