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Ligue 1: A Metz, la révolution est en marche

Ligue 1: A Metz, la révolution est en marche

FOOTBALLEn National il y a encore deux ans, le club lorrain a, depuis, mis en place une nouvelle politique sportive et s'apprête à retrouver la Ligue 1...
A Metz, Nicolas Camus

A Metz, Nicolas Camus

Avant la reprise, 20 Minutes a choisi de s'intéresser au FC Metz. Comment le club lorrain a-t-il préparé son retour en Ligue 1, cinq ans après? Voici la première partie de notre dossier, consacrée au projet sportif mis en place depuis deux saisons.

Il y a des signes qui ne trompent pas. En ce mardi matin, un grand soleil inonde le terrain d’entraînement du FC Metz, à quelques pas du stade Saint-Symphorien. Une bonne cinquantaine de supporters est là, juste derrière le grillage, en train d’observer les joueurs en plein exercice de dédoublement de passes et de travail devant le but. Ça discute transferts et, surtout, Ligue 1. Car en fin de semaine, c’est l’événement. Après cinq saisons à se battre dans les divisions inférieures, le club lorrain va retrouver l’élite, avec un premier match à Lille, samedi.

Une rapide balade autour du stade suffit à ressentir ce vent de renouveau. Devant le guichet, la queue s’allonge à vue d’œil. La barre des 10.000 abonnements, record pour le club, vient d’être franchie. «Ça commençait à faire long, on est très heureux», apprécie Gilles. Supporter depuis une bonne quarantaine d’années, ce quinquagénaire est venu tout spécialement avec ses deux fils depuis la frontière luxembourgeoise. «Je suis impatient de voir ce que ça va donner. On a de bons jeunes, mais on risque de souffrir. On est comme le stade, encore en travaux.»

Un nouveau départ à l’été 2012

En effet, un peu plus loin, les pelleteuses s’activent, tout comme un grand nombre d’ouvriers. Pose d’une pelouse hybride avec chauffage et système de drainage, amélioration du confort des spectateurs avec plus de toilettes, de buvettes et de loges, système de vidéosurveillance, coups de peinture, agrandissement des parkings… En tout, 85 chantiers sont en cours à Saint-Symphorien. «La Ligue 1 n’est plus celle que l’on a quittée. Le championnat est plus médiatisé, avec des stars planétaires, il fallait faire un gros effort pour mettre le stade à la hauteur de l’événement», explique le président, Bernard Serin.

Cette remontée est le fruit d’un travail entamé il y a deux ans. A l’été 2012, le club est relégué en National. Tout est à reconstruire. «On a vu 23 joueurs quitter le club et on a décidé de faire confiance aux jeunes, précise le président. C’était un pari risqué mais on a reconstruit les bases du club grâce à eux. Et puis on a choisi un entraîneur qui connaît bien le club, qui représente ses valeurs historiques: travail, cohésion, esprit d’équipe. Des valeurs à l’image de notre région, dans lesquelles les habitants se reconnaissent.»

Des jeunes, du réseau

Albert Cartier, ancien joueur de la maison (1987-1995), débarque sur le banc. Pour l’accompagner, Dominique D’Onofrio, arrivé quelques mois avant la descente, met en place son travail de directeur sportif. «J’ai essayé de recréer un climat positif, dans lequel tout le monde tire dans le même sens, raconte l’ancien coach du Standard de Liège. Par l’état d’esprit, d’abord, et puis après il faut forcément que les résultats suivent.» Et c’est le cas. D’Onofrio apporte également son réseau, qui permet au club d’engager de bons joueurs expérimentés (Milan, Cirillo) à moindres frais pour encadrer les jeunes pousses montées en équipe première.

Résultat, deux montées en deux ans. Plus petit budget de Ligue 1 (28 millions d'euros), le club a œuvré avec la même recette cet été. Une quinzaine de joueurs, dont la plupart ont gagné la Gambardella en 2010, vont donc découvrir l’élite et la pression qui va avec. Recruté en début de saison dernière, Sylvain Marchal (34 ans, 261 matchs de Ligue 1) fait partie des grands frères du vestiaire. «Je leur dis de se concentrer sur l’essentiel, ne pas se disperser. J’essaie d’aiguiller quand il y a des questions, explique-t-il lorsqu’on lui parle de son rôle auprès des plus jeunes. Mais ça reste du football. Il ne faut pas trop se poser de questions, juste croquer dedans.» Le meilleur moyen de remplir l’objectif maintien, indispensable pour ne pas faire retomber le vent de la révolution messine.