Tour de France 2014: Pinot-Bardet, la nouvelle rivalité du cyclisme français

CYCLISME Les deux coureurs jouent le podium de la Grande Boucle…

R.B.

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Thibaut Pinot et Romain Bardet le 19 juillet 2014.
Thibaut Pinot et Romain Bardet le 19 juillet 2014. — JEFF PACHOUD / AFP

Forcément, la comparaison est tentante. Moins de 25 balais, une bonne gueule de tête d’affiche de la nouvelle vague tricolore et une place dans le Top 5 du Tour après les Alpes. A moins d’une semaine de la fin du Tour, Thibaut Pinot (24 ans) et Romain Bardet (23 ans) peuvent espèrer finir sur le podium final. Analyse d’une rivalité.

Quelle est leur relation?

Dans les Alpes, les deux jeunes hommes n’ont pas pu éviter les interrogations sur le sujet: comment deux coureurs de même nationalité et d’une même génération se supportent-ils? «C’est une pseudo-rivalité», coupe Bardet. «Il y a toujours eu une rivalité car on est dans la même catégorie d’âge, estime de son coté le leader de la FDJ. fr. Il est Français comme moi mais on est aussi adversaire. Cela ne m’empêche pas de discuter avec lui. En dehors du vélo, nous sommes bons amis.» «Si les circonstances l’exigent, nous pouvons collaborer ensemble, par exemple pour distancer Valverde ou van Garderen», souligne le grimpeur d’AG2R.

Si les circonstances l’exigent, on n’hésite pas non plus à attaquer son rival sur son point faible. Samedi, dans la descente de l’Izoard, Bardet et Péraud (l’autre leader de l’équipe AG2R) ont roulé à fond pour tenter de larguer Pinot. Raté, même si le troisième du général après la première étape pyrénéenne a souffert. A l’arrivée à Risoul, ce dernier a tenu à devancer son compatriote, resté dans les roues lors de l’ultime ascension. Dans les Pyrénées, les deux hommes ne se feront aucun cadeau.

Quel est leur style?

Les deux appartiennent à la famille des grimpeurs. A l’aise dans les différentes ascensions de cette Grande Boucle, ils montent dans un style un peu différent. «Thibaut est un peu plus puissant, c’est un grimpeur-puncheur», souligne Bernard Bourreau, sélectionneur de l’équipe de France de cyclisme sur route. «Sur ses qualités de pur grimpeur, Thibaut est un poil devant», estime dans Le Télégramme Pierre-Yves Châtelon, l’entraîneur qui a dirigé Pinot et Bardet en espoirs. Le coureur d'AG2R a pour lui une meilleure gestion de la course que son rival, pas très à l’aise quand il s’agit de frotter dans le peloton. Un style différent pour une vision éloignée du cyclisme. En mai 2013, Pinot et Bardet s’étaient titillés sur Twitter sur la pertinence des attaques en descente.

Quel est leur caractère?

En public, les deux hommes sont loin d’être les coureurs les plus expansifs du peloton. Terrassé par la pression l’an dernier, Pinot ne raffole pas des interviews et des sollicitations propres à un coureur de son rang. «Ils se ressemblent un peu, ce sont deux solitaires», glisse Pierre-Yves Châtelon. En privé, la donne est différente. «Là où Romain Bardet est dedans toute la journée et va toujours être en réflexion sur la course, Thibaut a besoin de se relâcher et de s’évader en dehors du vélo. C’est un déconneur. Aux championnats du monde à Florence l’an dernier, il n’arrêtait pas de défier Warren Barguil à la console vidéo.» Son duel avec Romain Bardet se déroule sur un tout autre terrain.