Tour de France 2014: Pourquoi les coureurs tombent-ils autant?

CYCLISME Contador et Froome ont déjà abandonné...

Nicolas Camus et Romain Baheux

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Une chute au milieu du peloton, avec notamment Haimar Zubeldia et Tejay Van Garderen, lors de la 7e étape du Tour de France, le vendredi 11 juillet 2014.
Une chute au milieu du peloton, avec notamment Haimar Zubeldia et Tejay Van Garderen, lors de la 7e étape du Tour de France, le vendredi 11 juillet 2014. — FRED MONS / POOL / AFP

Another one bites the dust a tout pour devenir l’hymne de ce Tour de France. Après Christopher Froome, Alberto Contador a été à son tour contraint à l’abandon lundi après une chute dans la troisième étape des Vosges. Avant même sa première journée de repos, la Grande Boucle version 2014 a perdu ses deux principaux favoris. Et ils sont loin d’être les seuls: Andy Schleck et Mark Cavendish ont également abandonné après avoir tapé le bitume. En tout, dix-sept coureurs ont déjà quitté la course. Explications.

A cause de la pluie

Cette année, pas de problème de canicule pour les coureurs. Chaque jour ou presque, la pluie est venue mouiller les routes du Tour de France. Résultat, une course bien plus technique et un risque de chute plus important. Sur une route rendue très glissante par la pluie, Christopher Froome a goûté de près aux routes du Nord de la France avant d’abandonner lors de la cinquième étape. Lundi, Alberto Contador a également perdu la maîtrise de sa machine dans un virage bien humide dans la descente du Petit Ballon.

Sous le déluge, les coureurs ne sont pas aidés par leur matériel. Plus légers, les vélos modernes en carbone augmentent les risques de chute. «Sur une roue carbone, le freinage est plus puissant mais moins homogène, notait lors du dernier Giro, l’ancien coureur italien Maurizio Fondriest. Quand la route est mouillée, l'aluminium procure un freinage qui est certes plus long mais plus constant. Le risque de bloquer la roue, et par conséquent de tomber, est plus important avec le carbone.»

A cause du parcours

La 5e étape entre Ypres et Arenberg a laissé des traces. Les neuf secteurs pavés ont transformé la route du Tour en un gigantesque festival de chutes. «C’était une étape de fous. Je n’ai jamais vu un truc comme ça en vélo. On a dépassé les bornes. C’était épique. J’aurais peut-être dû piquer le VTT d’un cyclotouriste venu voir la course», a dit à l’arrivée le Français Romain Bardet, tout heureux d’avoir limité la casse. Avant cela, le final très sinueux de la 3e étape dans les rues de Londres avait aussi marqué les esprits. «Tout le monde était terrorisé», avait raconté le sprinter allemand André Greipel. Tellement que certains y ont laissé leurs ambitions. Andy Schleck, contraint à l'abandon après être tombé, se souvient ainsi d’un final «très dangereux, avec des trous partout dans le peloton».

A cause de la nervosité

Ces deux premières particularités mettent en avant un troisième aspect. Traditionnellement très présente en début de Tour, la nervosité au sein du peloton a atteint son paroxysme cette année. Toutes les équipes cherchent à protéger leurs leaders du vent et de la pluie, et s'attachent à leur trouver une place bien au chaud pour éviter les pièges du tracé. Alors, forcément, ça frotte très fort. «Il faut sans cesse être placé, être vigilant. C'est le type de journée où tout le monde est à bloc, sous tension, en stress», relatait Thibaut Pinot après la 2e étape en Angleterre. Et pas que dans les derniers kilomètres. Les images de coureurs à terre sont un fil rouge des après-midi vélo. «Franchir l'arrivée sans encombre sur une étape comme ça c'est presque comme une victoire», jugeait Alberto Contador dès la fin de la première journée. Il ne croyait pas si bien dire, lui qui est parti à la faute et a laissé un tibia sur la route ce lundi.