Tour de France 2014: Romain Bardet, la meilleure chance française?

CYCLISME Le coleader de la formation AG2R a passé sans trop de dégâts les pièges de la première semaine de course…

Nicolas Camus

— 

Romain Bardet, au départ du Touquet, le 8 juillet 2014, sur le Tour de France.
Romain Bardet, au départ du Touquet, le 8 juillet 2014, sur le Tour de France. — JEFF PACHOUD / AFP

Lorsque l’on sonde les observateurs pour savoir quel Français a le plus de chances de briller sur ce Tour de France, son nom ressort à chaque fois. Romain Bardet, coleader de l’équipe AG2R La Mondiale avec Jean-Christophe Péraud, est celui que beaucoup voient aller le plus haut. Ce n’est pas vraiment une surprise concernant celui qui a terminé 15e (et premier Français) de son premier Tour l’an dernier, mais la manière dont il a passé cette première semaine piégeuse a renforcé cette impression.

Seul petit bémol, sa chute, jeudi, à 60 km de l'arrivée à Reims, où il a «bien tapé sur le côté gauche et au niveau de la tête». Mais il a assuré l'essentiel en parvenant à finir dans le groupe de tête.Le reste de sa partition est quasi parfaite. Il a commencé par passer la ligne avec les meilleurs dans le final accidenté de Sheffield, samedi, lors de la 2e étape. «Et surtout sur l’étape d’Arenberg [mercredi], il a bien limité la casse, alors que certains se sont troués», relève l’ancien coureur Thierry Bourguignon. A 2’28’’du vainqueur Lars Boom, il a en effet terminé en compagnie de pointures comme Alejandro Valverde, Rui Costa ou Tejay van Garderen. Et 30 secondes devant Alberto Contador. «Prendre seulement 2 minutes, c’est très bien pour lui. Le matin de cette étape, personne n’y aurait cru, abonde Jean-François Bernard, 3e du Tour en 1987. Comme pour Thibaut Pinot, le plus dur est passé. Ils arrivent maintenant sur leur terrain.»

«Il y aura des coups à jouer dès ce week-end»

Après une dernière étape promise aux sprinters, ce vendredi, la route s’élève gentiment à partir de samedi, avant le premier rendez-vous en altitude lundi à la Planche des Belles Filles. «Pas besoin d’attendre la haute montagne, il y aura sûrement des coups à jouer dès ce week-end, poursuit Jean-François Bernard. Les étapes à venir sont compliquées, sélectives. Il faut en profiter, même si beaucoup voudront le faire aussi.»

Le principal intéressé, 24 ans en novembre prochain, compte bien mettre à profit ses qualités de grimpeur. «La veille des étapes vosgiennes, je ferai le point et si je suis bien classé, ce sera tout pour le général», disait-il avant le départ. Douzième du général à 2’11’’ du maillot jaune Vincenzo Nibali, il va pouvoir s’atteler à la tâche s'il récupère bien de sa chute. «Il va faire un coup sur une étape, j’en suis persuadé, prédit Thierry Bourguignon. Quand c’est la guerre dans le final, à la pédale, il est là. On l’a vu sur le Dauphiné. Je ne pense pas qu’il ait encore les moyens pour être dans les cinq premiers, mais 7e ou 8e à Paris ce serait déjà une belle performance.»

Il dispose pour cela d’un atout de poids. «La présence de Jean-Christophe Péraud dans son équipe est un gros avantage», estime Bernard. Les deux leaders d’AG2R pourront se serrer les coudes lors de la dernière semaine, pimentée par quatre arrivées au sommet. «Je ne vais pas me contenter de suivre», a annoncé Romain Bardet. Talent et ambition, les bases sont là pour la relève du cyclisme français.