Tour de France 2014: Les pavés, galère des non-spécialistes

CYCLISME L’étape de mercredi, avec neuf secteurs pavés au programme, s’annonce terrible pour les coureurs pas habitués...

Nicolas Camus

— 

Frank Schleck soigné par le médecin du Tour de France après sa chute dans un secteur pavé lors de la 3e étape de l'édition 2010.
Frank Schleck soigné par le médecin du Tour de France après sa chute dans un secteur pavé lors de la 3e étape de l'édition 2010. — JOEL SAGET / POOL / AFP

Il y a les spécialistes, les vrais. Ceux qui déboulent dans la trouée d’Arenberg à 50 km/h et qui sentent à peine quelques picotements dans les bras. Les Fabian Cancellara, quoi. Et puis il y a les autres, plutôt grimpeurs ou petits gabarits, qui préfèrent regarder gentiment le Tour des Flandres et Paris-Roubaix à la télé en attendant des routes plus adaptées à leurs capacités. Sauf que quand les pavés s’invitent sur le parcours du Tour de France, comme sur cette 4e étape entre Ypres et Arenberg-Porte du Hainaut, mercredi, ils ne peuvent pas y couper.

Dire qu’ils n’abordent pas cette étape nordiste en toute sérénité relève de l’euphémisme. «On y pense bien avant le Tour. Et je peux vous dire que la veille on a beaucoup de mal à dormir. Il y a énormément de stress et de tension», raconte Sandy Casar. L’ancien coureur de la FDJ, plus à l’aise sur des pentes à 8 % que sur des pavés, se souvient parfaitement de la 3e étape du Tour 2010, qui était également arrivée à Wallers-Arenberg. «On était allé reconnaître le parcours, et puis on s’était entraîné sur quelques secteurs avec Frédéric Guesdon [vainqueur de Paris-Roubaix en 1997]. Il avait donné des conseils aux non-initiés comme moi. En fait, le point important c’est moins les pavés en eux-mêmes que la façon dont on arrive sur les secteurs. C’est le placement qui fait toute la différence», explique-t-il.

«Le but est de perdre le moins de temps possible»

Voilà pour la préparation et la théorie. Ensuite, il y a le jour-J. L’objectif n’est pas de suivre les grosses cuisses du peloton. Il faut savoir rester à sa place. «Pour des coureurs comme moi, le but est de perdre le moins de temps possible, et surtout de passer ces pavés sans encombres, poursuit Casar. On redoute la chute. Le Tour, ce sont des mois de sacrifices avant et on sait qu’on peut tout perdre en une seconde.» Demandez donc à Frank Schleck, qui avait laissé une clavicule et ses rêves de podium sur le bas-côté du secteur de Sars-et-Rosières en 2010.

Car les favoris pour la victoire finale ne sont pas non plus des spécialistes. Chris Froome, déjà tombé en début d’étape mardi, n’aura pas le droit à l’erreur, tout comme Alberto Contador. Leurs coéquipiers vont tenter de les mettre dans les meilleures conditions à l’entrée des zones clés, et on peut parier que ça va frotter très fort. Avec les risques que cela engendre. «Au départ de Paris-Roubaix, les 200 gars savent pourquoi ils sont là, ce qu’ils vont faire. Au Tour de France, sur les 200, plus de la moitié ne sont pas des habitués du terrain. C’est comme si en rallye, on mettait la moitié de pilotes de Formule 1», illustre le directeur sportif de la FDJ. fr, Marc Madiot. Et en plus, on annonce de la pluie sur le Nord ce mercredi. L’«Enfer», jusqu’au bout.