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Coupe du monde 2014: Pourquoi assiste-t-on à la plus belle compétition depuis 50 ans?
FOOTBALL•Il n’y a pas eu autant de buts dans un Mondial depuis 1958…Julien Laloye
14 matchs, 44 buts. On se croirait revenus un demi-siècle en arrière, du temps de Pelé, des inters, et des équipes à cinq attaquants. C’est simple, avec 3,14 buts en moyenne depuis le début de la compétition, cette édition brésilienne est plus prolifique que les 14 Coupes du monde précédentes!
20 Minutes a interrogé trois témoins du Mondial, un ancien arbitre (Bruno Derrien), un ancien défenseur international (Romarin Billong), et un ancien attaquant des Bleus (Steve Marlet), pour savoir d’où vient cette avalanche de buts marqués, quatre ans après un Mondial sud-africain médiocre.
Bruno Derrien: «Les arbitres donnent l’avantage à l’attaque»
«Les arbitres participent aux scénarii de match spectaculaire. Dans le jugement des hors-jeux par exemple, ils n’hésitent pas à prendre des risques. Avant c’était avantage à la défense au moindre problème, maintenant le doute profite à l’attaquant, à part sur le match Mexique-Cameroun [2 buts refusés à tort]. Dans la surface, c’est le contraire.
Les arbitres sont plus sourcilleux. Dés qu’il y a faute, même si elle est légère, c’est sanctionné [déjà six penaltys sifflés]. On voit aussi beaucoup de buts sur coup de pied arrêté car l’arbitre peut utiliser une bombe pour mettre le mur à distance. C’est plus facile de tirer un bon coup-franc quand le mur est à 9m15».
Romarin Billong: «Il y a un truc qui plane parce qu’on est au Brésil»
«Je ne vois pas d’explication rationnelle à ce début de compétition prolifique. Les systèmes défensifs n’ont pas changé, et les équipes qui sont à trois derrière ont toutes gagné. Mais on voit beaucoup d’erreurs individuelles, y compris de très grands joueurs comme Ramos, Piqué, ou Pepe, en plus de placement hasardeux. Je pense que ça vient du contexte Brésil.
Il y a un truc qui place, on sent des équipes qui ont envie d’aller de l’avant au détriment d’un certain équilibre défensif. Mais la question, c’est de savoir si ça va durer. J’ai tendance à croire que ça va se resserrer à partir des 8es de finale, dans les confrontations à élimination directe, quand on n’aura plus que des équipes très bien organisées tactiquement».
Steve Marlet: «Des disparités physiques entre les équipes»
«Il y a des joueurs mieux préparés que d’autres. Quand on regarde Espagne-Pays-Bas par exemple, on a vraiment l’impression qu’il y a un gros différentiel physique entre les deux équipes. Dans ces cas-là, le cap du premier but a tendance à souligner encore plus ces disparités. Au début, tout le monde est crispé, et puis en marquant le premier, on joue plus relâché. Brésil-Croatie, c’était une vraie purge pour les Brésiliens jusqu’à l’égalisation de Neymar.
D’ailleurs, tous les grands attaquants sont au rendez-vous, si on enlève Ronaldo et la faillite du Portugal. On sent que pour eux, c’est une Coupe du monde où il faut se montrer, parce que c’est le Brésil, le pays du beau jeu et du beau geste, même si pour l’instant, on n’a pas vu de buts exceptionnels en dehors de la tête plongeante de Van Persie».


















