Coupe du monde 2014: Vahid Halilhodzic et l’Algérie, un mariage de raison qui marche sur un fil

FOOTBALL Le coach des Fennecs, en place depuis trois ans, s'apprête à affronter la Belgique mardi pour son premier match de la Coupe du monde...

Antoine Maes

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Vahid Halilhodzic, le sélectionneur de l'Algérie, le 11 juin 2014, à Sorocaba.
Vahid Halilhodzic, le sélectionneur de l'Algérie, le 11 juin 2014, à Sorocaba. — PHILIPPE DESMAZES / AFP

De notre envoyé spécial à Sao Paulo

Sorocaba. Une grosse ville sans charme à 100km à l’ouest de Sao Paulo. Son centre commercial comme seul attrait, ses entreprises de haute technologie et… son équipe d’Algérie, qui affronte la Belgique mardi. Le choix du camp de base des Fennecs pour le Mondial ressemble beaucoup à Vahid Halilhodzic: isolé, fonctionnel et… et très isolé, en fait. «C’est comme à la CAN 2013 en Afrique du Sud. Il avait enfermé les joueurs pendant trois semaines dans un parc naturel, ils ne faisaient que voir les animaux», se marre Asma Halimi, journaliste algérienne à Compétition.

L’histoire de Vahid Halilhodzic avec les Fennecs a trois ans, et malgré des résultats plus que corrects, c’est tout sauf un mariage tranquille. Forcément: le fossé peut paraître immense entre la turbulente Algérie et le rigoriste bosnien. «Ce n’est pas toujours facile, expliquait l’ancien coach du Losc et du PSG à la Fifa en janvier dernier. Il faut avoir un sacré caractère et une certaine conviction dans ce que l’on fait. La pression est énorme, et je suis un étranger à la tête de leur équipe nationale. (…) Même si je devenais champion du monde, je serais critiqué.»

«Il a une très grande popularité, les gens l’aiment et le soutiennent»

Tout coach Vahid est résumé là: il n’a pas totalement tort, puisqu’il a bien failli se faire éjecter en janvier dernier malgré la qualification pour le Brésil. Mais il n’a pas complètement raison non plus, puisqu’il est toujours là, en partie grâce à un soutien populaire massif. «On sait que c’est un bosseur. Quand un entraîneur réussit avec une équipe, quand on voit le beau jeu… Il a une très grande popularité, les gens l’aiment et le soutiennent», résume Asma Halimi.

Ses méthodes sont pourtant toujours les mêmes. Mais parfois, il se laisse un peu porter par l’ambiance. Le plus bel exemple? Ces pas de danse surréalistes en début de stage, lors de la visite de Khaled à l’hôtel de son équipe. «Il s’est algérianisé par rapport à la danse, par rapport à la bouffe, à la mentalité des Algériens. Quand il a dansé devant les joueurs, je suis sûr qu’ils étaient surpris! Ils s’attendaient pas à le voir comme ça!», se marra Asma Halimi.

Ils ne devraient de toute façon pas le voir très longtemps. A priori, «Coach Vahid» devrait lâcher la sélection à l’issue de la Coupe du monde. Certains joueurs, «qui attendent son départ avec impatience» selon Asma Halimi, en sont ravis. Pour lui succéder, l’Algérie devrait miser sur Christian Gourcuff. Dont on a hâte de voir les qualités sur le dancefloor.