Coupe du monde 2014: La Belgique est-elle l’équipe la plus cool de la compétition?

FOOTBALL Les Diables Rouges, entre détente et ambition, cultivent leur accessibilité…

Antoine Maes

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L'équipe de Belgique à l'entraînement sous les yeux de ses supporters, le 14 juin 2014, à Mogi das Cruzes.
L'équipe de Belgique à l'entraînement sous les yeux de ses supporters, le 14 juin 2014, à Mogi das Cruzes. — MARTIN BUREAU / AFP

De notre envoyé spécial à São Paulo,

La Coupe du monde, ce n’est pas vraiment comme votre tournoi de sixte à la Pentecôte: à la fin de la compétition, l’équipe la plus sympa du tournoi ne repartira pas avec le trophée du fair-play. Si ça avait été le cas, les Belges seraient les grandissimes favoris. Il suffit d’aller les voir dans leur camp de base de Mogi das Cruzes, au sud-est de Sao Paulo, pour s’en convaincre.

Sur place, entre deux parasols Jupiler, le principal sujet de crispation porte sur… le prix du buffet de la presse. Les médias locaux ont boycotté le catering à 23 euros la journée. La fédération a fini par plier, et les «Pão de queijo» sont désormais gratuits. On rigole, évidemment: avant le début de la séance, Marc Wilmots, le sélectionneur, est passé saluer «ses» journalistes dans la salle de presse.

Une «coolitude» naturelle qui est aussi très bien cultivée par la communication de la fédération, alors qu’approche à grands pas le premier match du pays dans un Mondial depuis 12 ans, mardi contre l’Algérie. C’était journée de repos mercredi? Une vidéo d’Eden Hazard s’essayant sans réussite au golf tourne sur Internet. Les supporters restés en Belgique veulent des nouvelles? Les joueurs répondent à leurs cartes postales via des vidéos.

«C’est la Belgique qui est comme ça»

Evidemment, la fraîcheur de cette équipe n’est pas due au seul fait d’un très bon community manager. Lors de la séance de samedi, des cars entiers ont déversé aux bords du centre d’entraînement tout ce que São Paulo compte d’expatriés. «Le consulat m’avait demandé si c’était possible. J’ai répondu que si les gens viennent en Belgique, je ne vois pas pourquoi ils ne viendraient pas ici. C’est normal de donner la chance aux gens de nous voir. C’est même un honneur pour nous. Je sais ce que peut représenter son pays quand on est à l’étranger», raconte Marc Wilmots.

Un sélectionneur qui gère parfaitement l’image de marque de son équipe. Pas question par exemple que les rivalités entre Flamands et Wallons, qui n’intéressent visiblement que la presse étrangère, viennent ruiner la belle ambiance. «Les cultures sont là depuis un petit temps. C’est la Belgique qui est comme ça, je ne rentre pas dans ce débat là. Nous on essaie de faire du jeu et d’avoir une culture offensive, et de faire un bon parcours en Coupe du monde», fait remarquer Wilmots. Et donc pas seulement de ramener le prix du fair-play à Bruxelles.