Mondial 2014: Roselyne Bachelot raconte son Knysna et les «caïds» chez les Bleus

FOOTBALL L’ancienne ministre de la Santé évoque le naufrage de 2010…

R.B.

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Roselyne Bachelot était ministre de la Santé et des Sports lors du Mondial 2010.
Roselyne Bachelot était ministre de la Santé et des Sports lors du Mondial 2010. — MEUNIER AURELIEN/SIPA

Roselyne Bachelot raconte sa Coupe du monde. Pas celle au Brésil, qui débute jeudi, mais celle qu’elle a vécue avec les Bleus en 2010. Ministre de la Santé et des Sports à cette époque, elle était en Afrique du Sud et a partagé une partie de la vie des Bleus à Knysna. «Une atmosphère de plomb régnait. Dans la salle à manger, l’équipe était séparée en quatre tables, selon les affinités: une était réservée aux coaches, les trois autres aux joueurs, décrit-elle dans une interview à L’Equipe. Et ces quatre groupes ne se parlaient pas.»

Le coup de téléphone à Nicolas Sarkozy

Après un communiqué, «un petit chef-d’œuvre de langue de bois», pondu après les révélations des insultes de Nicolas Anelka à Raymond Domenech, Roselyne Bachelot se trouvent dans une école de Soweto lorsqu’elle apprend la grève des joueurs de l’équipe de France. Elle passe alors un coup de fil à Nicolas Sarkozy et à François Fillon. «Je me retrouve dans une salle de classe à parler au Président qui me dit: "Tu restes en Afrique du Sud, tu vas à la rencontre des joueurs et tu les engueules". Puis, je téléphone au Premier ministre qui me dit, lui: "Le Président est chef d’orchestre, c’est lui qui décide. Mais tout ça, c’est quand même que des gars qui tapent dans un ballon."»

Pour elle, c’est la faute du staff

Devant l’Assemblée nationale, elle décrira le 23 juin 2010 une équipe pourrie par des «caïds immatures», terme qui fait alors débat. «Je refuse toute connotation raciste ou ethnique au terme «caïd», largement utilisé dans la langue française, les films d’Audiard en témoignent.» Pour elle, le principal responsable du fiasco sud-africain est à chercher dans le staff des Bleus. «Si des chefs de clan ont surgi, c’est parce que l’encadrement était défaillant. Si vous mettez vingt-cinq individus ensemble dans un milieu clos avec un chef lointain, inévitablement certains voudront prendre le pouvoir et les conflits seront violents»