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Roland-Garros 2014: Nadal-Djokovic, une finale pour sauver le tournoi
TENNIS•Le tableau masculin n’a pas donné de très grands matchs cette année jusqu’ici…Julien Laloye
De notre envoyé spécial à Roland-Garros,
On ne croyait pas écrire ça un jour, mais pour voir du bon tennis cette année à Roland-Garros, il fallait regarder chez les filles. De l’émotion, des têtes de série qui tombent (Na Li, Serena Williams), des remontadas (Sharapova), des belles histoires (Petkovic), des Françaises qui s’arrachent (Parmentier)…tout le contraire d’un tournoi masculin qui ne laissera –pour le moment- de grands souvenirs à personnes. Même Toni Nadal s’est embêté sévère pendant la demi-finale de «Rafa» face à Andy Murray. «Ce n’est pas normal d’avoir vu un match comme ça à ce niveau du tournoi. Les spectateurs auraient dû assister à un match beaucoup plus serré entre deux joueurs aussi bons».
«Il n’y a que le match entre Federer et Gulbis qui a tenu ses promesses»
Un match un peu à l’image de la quinzaine. Djokovic-Tsonga, Verdasco-Murray, Raonic-Djokovic, Nadal-Ferrer, autant de belles affiches qui ont accouché d’une toute petite souris invisible à l’œil nu. «Je suis d’accord avec vous, ce n’était pas le meilleur Roland qu’on ait vu chez les garçons, concède Patrick Moratoglou, l’entraîneur de Serena Williams. Les deux demi-finales étaient très décevantes, je suis persuadé que Murray pouvait faire beaucoup mieux contre Nadal. Même le match entre Murray et Monfils n’a pas été extraordinaire. Les deux n’ont jamais bien joué en même temps. Il n’y a eu que le Federer-Gulbis qui a tenu ses promesses finalement».
C’est en effet ce qu’on a eu de mieux, mais ça ne fait pas lourd en comparaison de l’édition 2013, qui nous avait offert des histoires en pagaille (les victoires de Monfils face à Berdych et Gulbis, les remontées successives de Robredo, les balles de matchs sauvées par Isner face à Tommy Haas) en plus de deux des plus beaux matchs de l’année (Gasquet-Wawrinka, Djokovic-Nadal). «C’est parce qu’on a deux extraterrestres au-dessus de tout le monde, tente Arnaud Di Pasquale. Quand je vois l’implication mentale de Nadal sur chaque balle, les qualités de défense de Djokovic…Contre Jo en huitièmes, à aucun moment il n’y a la place, par exemple. Ils sont largement au-dessus du lot».
«Si Novak y va avec l’esprit conquérant…»
La vie étant bien faite, ils se retrouvent dimanche pour une finale qui aura la lourde tâche de faire oublier une quinzaine morose, avec en plus le précédent de l’an passé, où la demi-finale entre les deux hommes avait atteint les sommets du jeu et de la dramaturgie en même temps. Est-ce qu’on aura droit au même scénario, dimanche? Pas si sûr selon Patrick Moratoglou. «il y a tellement d’enjeux, Il faut voir avec quel état d’esprit ils abordent la rencontre. Pour Nadal, je ne me fais pas de soucis, mais j’en ai un peu plus Djokovic. C’est lui qui a les clés. L’an passé, la pression l’a fait un peu déjoué au début. Mais s’il y va avec un esprit conquérant, ça peut donner quelque chose d’énorme». Cela tomberait bien pour tout le monde.


















