Roland-Garros 2014: Simona Halep, une comète en finale du tournoi
TENNIS•La Roumaine, adversaire de Maria Sharapova samedi, a explosé en 2014…Julien Laloye
De notre envoyé spécial à Roland-Garros
Simona Halep aurait pu devenir la Pamela Anderson du tennis féminin. Un ou deux bons résultats par-ci par-là, deux ou trois photos de charme pour tenir jusqu’à la fin du mois, et une petite notoriété dans la confrérie des sportives en maillot de bain. Sauf que la Roumaine a préféré se faire réduire son bonnet E «car ses seins trop lourds lui faisaient perdre en vitesse» et lui occasionnaient des douleurs dorsales insupportables. L’anecdote n’est pas neuve -fin 2009- mais elle dit pas mal de choses sur la volonté de cette jeune fille de forcer son destin de grande joueuse.
«Le peuple roumain attendait depuis longtemps ce phénomène»
C’est qu’on la voit venir depuis un moment. Depuis son titre chez les juniors, ici-même à Paris… en 2008. La Roumanie, qui se cherche un grand sportif en qui croire, n’en finissait plus de guetter son éclosion chez les pros. «C’est quelqu’un de très gentil, très aimé en Roumanie, raconte Virginia Ruzici, la seule Roumaine championne de Grand Chelem, également manager de Simona. Sa modestie y est pour beaucoup. Ses parents sont des gens simples, qui l’ont soutenue. Le peuple roumain attendait depuis longtemps un phénomène qui fait vibrer tout un peuple.» Le chemin vers un possible premier titre de Grand Chelem ne s’est pourtant pas fait tout seul. Halep, au moins troisième mondiale à l’issue du tournoi, n’était même pas dans le top 50 il y a un an!
«Elle a gagné beaucoup de confiance et d’expérience très vite, explique Wim Fissette. L’ancien coach de Kim Clijsters, embauché début janvier par Ruzici pour faire passer un palier à Simona, n’a pas perdu temps. Quart de finale en Australie, titre à Doha, demie à Indian Wells et finale à Madrid en moins de six mois! «En Australie, c’était encore un peu tôt pour elle pour gagner. Mais elle a pris beaucoup de confiance en quelques semaines. Simona a mis du temps à confirmer [elle n’a que 22 ans], mais c’est parce qu’elle a été ralentie par des blessures graves. Elle a trouvé sa voix et elle est devenue une joueuse complète, très difficile à battre.» Le jeu en question n’est pas désagréable à regarder, d’ailleurs. Pas de grandes claques de coup droit à tout va, pas de cris d’égorgement d’animaux, mais une vraie réflexion tactique et une palette de coups rares chez les filles.
«Un jeu atypique par rapport aux autres filles»
«Elle est atypique par rapport aux autres, rebondit Virginia Ruzici. C’est une joueuse de contre, qui se déplace bien, elle utilise énormément le contre-pied. Les filles n’aiment pas car elles ont l’habitude de jouer face à des machines qui font toujours la même chose.» Atypique, l’est-elle assez pour résister à la fois à la puissance de Sharapova et à la pression inévitable d’une première finale de Grand Chelem samedi? Son entraîneur n’en doute pas une seconde. «Elle peut gagner parce qu’elle est plus fraîche que Maria. Elle lui a pris un set à Madrid, elle sait que c’est possible. Il faut juste qu’elle reste calme avant la finale.» Pour s’aérer l’esprit, Halep a prévu une matinée shopping vendredi dans les rues de Paris. Espérons pour elle qu’elle ne croise pas Sharapova au coin d’un magasin Vuitton.


















