Equipe de France: «On n’a pas le temps de se reposer et de récupérer», annonce le préparateur physique
FOOTBALL•Eric Bédouet raconte comment les Bleus, qui se rassemblent ce lundi à Clairefontaine, vont préparer la Coupe du Monde qui démarre pour eux le 15 juin…A Bordeaux, propos recueillis par Marc Nouaux
Ca y est, le compte à rebours est lancé. D’ici au 15 juin, date du premier match des Bleus contre le Honduras, Eric Bédouet, le nouveau préparateur physique de l’équipe de France, en poste à Bordeaux depuis 1998, aura la charge de régénérer l’ensemble des joueurs, qui se retrouvent à Clairefontaine ce lundi. Il raconte comment va s’organiser son travail et les contraintes auxquelles il doit faire face.
Avez-vous préparé une fiche pour chaque joueur?
Avant j’étais spectateur mais à partir du moment où on est appelé dans ce staff, on est obligé de se renseigner. On a régulièrement des statistiques au niveau de la FFF avec les temps de jeu, les blessures… Après il faut regarder les matchs et savoir ce qui se passe un petit peu partout. Je regarde un maximum de matchs avec un autre regard. Sans connaître beaucoup les joueurs, parce que je les ai côtoyé simplement trois jours [lors du match amical contre les Pays-Bas], j’ai eu le temps de faire un test avec eux que je vais recommencer à la reprise. Il y a deux tests de prévus. J’ai déjà un petit aperçu physiologique.
La méthode est la même qu’à Bordeaux?
Je fais la même chose, je n’ai rien changé je travaille avec ce que je sais faire. La seule différence c’est qu’à Bordeaux on travaille avec des GPS, un outil nouveau avec des donnés intéressantes au niveau cardiologique. C’est un GPS qui est tout nouveau sur le marché, on est l’un des premiers clubs à le tester. Je vais emmener ce matériel avec moi. J’ai fait partir cinq valises de matériel pour Clairefontaine. Les cardios, les GPS et j’emmène un double car on ne sait jamais si ça tombe en panne, je suis très prévoyant…
Comment est-ce que va se dérouler la préparation concrètement?
Je sais le temps de jeu de tout le monde. Il y en a qui ont énormément joué. Ce sera un travail individualisé, à la carte. Mais il faut travailler car ce n’est pas le tout de récupérer, de se reposer… on ne peut pas faire ça. Il va falloir récupérer régénérer les organismes… le test permettra de voir dans quels états sont les joueurs. Il y en a qui n’ont pas joué beaucoup non plus, ca va être un travail individualisé énorme, comme on rencontre dans les clubs. Le seul truc difficile, c’est que les joueurs terminent une saison. Il y en a comme Pogba qui en sont rendus à plus de soixante matchs. C’est énorme.
Comment allez-vous gérer les matchs amicaux?
On les joue en France donc il y a une pression importante. Il y a d’autres nations qui font des amicaux en dehors de leur pays donc c’est un petit plus facile. C’est ce que l’on fait en club. On fait beaucoup de travail et le match amical intervient comme une partie du travail, donc on ne tient pas compte du résultat. Là, on ne peut pas faire ça. En plus il peut y avoir des blessures ou des accidents. Il faut les jouer à fond parce que sinon, c’est là où on risque la blessure. Après il y aura des rotations, il y aura certainement des choses comme ça. Des matchs sont prévus à Clairefontaine pour ceux qui n’auront
Une fois la compétition lancée, vous devrez aussi maintenir en forme ceux qui jouent moins…
Mon rôle va aussi être celui-là. Accompagner tous ceux qui ne jouent pas, les faire travailler comme on fait dans le club. En sachant qu’il y en a qui vont jouer un petit peu moins mais qui vont être aussi important que ceux qui jouent car quand on aura besoin d’eux, ce sont peut-être eux qui feront la différence. La preuve, c’est [Franck] Leboeuf en Coupe du Monde [En 1998], c’est l’exemple à suivre. C’est quelqu’un qui a toujours été prêt, il ne pensait pas jouer la finale, il la joue et la gagne. Le but, c’est d’intéresser tout le monde et de les mettre au même niveau pour les préparer à tout moment.


















