Coupe du monde 2014: La liste, ce moment atroce de la vie du sélectionneur

FOOTBALL  Didier Deschamps annonce trente noms mardi soir…

Romain Baheux

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Le sélectionneur des Bleus Didier Deschamps en mars 2014.
Le sélectionneur des Bleus Didier Deschamps en mars 2014. — J.E.E/SIPA

Attention chérie, ça va trancher. Mardi soir, Didier Deschamps dévoilera sur le plateau du 20h de TF1 une liste de trente joueurs pour la Coupe du monde. Et comme n’importe quel sélectionneur avant lui, le boss des Bleus fera couler des larmes. Si les Ribéry, Benzema ou Matuidi songent au siège qu’ils occuperont dans l’avion, les moins installés attendent le verdict la peur au ventre. Des ultimes choix toujours délicats.

«On a presque envie que la blessure choisisse à notre place»

«On sait que l’on a une carrière entre nos mains», souligne Pierre Villepreux, ex-entraîneur du XV de France (1995-1999). «Les dernières joueuses, je les choisissais le plus tard possible. C’est déjà suffisamment difficile, ce n’est pas la peine de faire quelque chose puis de le démonter si la fille se pète à un entraînement, se souvient Olivier Krumbholz, à la tête de l’équipe de France féminine de handball de 1998 à 2013. Parfois, on a presque envie que la blessure choisisse à notre place. S’il y en a un qui tombe, ça permet un choix naturel.»

Mais souvent, il faut trancher soi-même. Certains préféreront l’ambianceur-DJ du vestiaire là où d’autres miseront sur un remplaçant discret. Quand on est destiné à sourire sur la photo et à passer son temps sur le banc, mieux vaut la jouer profil bas. «A niveau égal, on prend celui avec qui on a le meilleur contact», approuve Pierre Villepreux. «Quand on sent que quelqu’un n’est pas prêt à avoir un rôle obscur en équipe nationale quand il brille en club, on n’hésite pas à l’enlever pour préserver l’équilibre du groupe», poursuit Olivier Krumbholz.

«Il peut y avoir des larmes»

Les raisons divergent mais être recalé laisse des traces. «Si beaucoup de joueurs disent qu’ils comprennent, on s’aperçoit avec le recul qu’il y a de la rancune, explique Villepreux. Certains m’en veulent encore de ne pas les avoir pris à la Coupe du monde 1999.» Pour faire passer la pilule, des sélectionneurs tiennent à expliquer leur choix. «On n’est pas des chiens, on ne prend pas plaisir à éliminer des gens, souligne Krumbholz. Il peut y avoir des larmes. Avant les JO de Sidney, j’ai éliminé une joueuse dont c’était la dernière chance de disputer les Jeux de sa carrière. Je ne suis pas prêt d’oublier l’entretien que j’ai eu avec elle.» Il n’est jamais facile d’être un briseur de rêves.