PSG: Quand les anciens ultras du Parc s’invitent au Saint-Germain FC, les voisins râlent

Antoine Maes

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Les supporters du Saint-Germain FC, le dimanche 4 mai 2014.
Les supporters du Saint-Germain FC, le dimanche 4 mai 2014. — DR

Ah, le Saint-Germain FC... Son équipe de 5e division de district, son école de foot à 300 licenciés, son petit Stade de la colline et… ses supporters ultras. Là où on ne devrait voir qu’une poignée d’anciens du coin la clope au bec, avachis le long la main courante, le club des Yvelines possède une tribune bouillante, fumigènes et tambours inclus.

La vidéo du dernier match de la saison, dimanche, a déjà fait le tour du Web: on y voit un tifo digne des clubs pros, mais sur la pelouse, le choc met aux prises les Saint-Germanois à Maison-Lafitte. Un petit délire des jeunes du club? Pas vraiment. «Pour la plupart, on est des anciens pensionnaires du Parc, on a arrêté après le Plan Leproux, raconte Thomas, le porte-parole du groupe La 5e colonne. Par dégoût du PSG, on s’est orienté vers quelque chose d’autre». Mais pas n’importe quoi non plus, Saint-Germain-en-Laye étant le berceau du club désormais aux mains des Qataris.

Au club, on est ravi. «Je n’ai pas fait exprès, mais j’ai trouvé l’idée assez marrante. Dimanche, c’était le dernier match, ils ont vraiment fait la fête», assure Catherine Saladin, la présidente. Un peu trop au goût de certains. Si la dirigeante souligne «qu’il n’y a jamais eu d’embrouille», elle s’est tout de même vu convoquée par le District au sujet de l’usage des fumigènes.

«Au Stade de France, ils se feraient sortir manu militari»

Et à l’heure de Michel Drucker, le voisinage n’aime pas trop devoir monter le son à cause de quelques énergumènes. Après un courrier au club resté sans effet, Pascale Lebecq, la directrice des sports à l’hôtel de ville a donc convoqué Catherine Saladin mercredi «pour lui tirer les oreilles». «Ils ont des tam-tams, ils font énormément de bruit pendant les matchs. Mes agents ramassent des fumigènes alors que c’est interdit. J’ai encore une dame qui a appelé lundi pour dire qu’elle a dû partir à Bougival chez son frère parce que c’était insupportable. Au Stade de France, ils se feraient sortir manu militari».

Le Stade de la colline pourrait aussi rapidement devenir assez inhospitalier pour les anciens ultras, que la mairie n’a encore jamais rencontrés. «On fait tout pour que ça continue le plus longtemps possible», promet Thomas. Qui sait aussi que la réputation des bannis du Parc, qui plus est de la tribune Boulogne, fait un peu jaser dans le voisinage, même si la 5e colonne promet qu’aucun interdit de stade en cours ne figure dans ses rangs. «On nous assimile à des fachos. Mais on insiste, on n’a aucune politique, ça n’a rien à faire au stade», reprend-il. 

Pour beaucoup de monde, c’est surtout eux qui n’ont rien à y faire. Alors qu’ils y avaient retrouvé «une petite effervescence», raconte Thomas. «On supporte des joueurs dont on pourrait être à la place, le rapport de proximité est vachement agréable. On est dans le «Football Vrai». Ce sont des choses qu’on n’a presque jamais connues au PSG», explique t-il. Et qui pourrait ne pas durer très longtemps, même en 5e division de district.