Sotchi 2014: Le xénon, ce gaz miracle dont aurait abusé la Russie pour réussir ses JO

JO Ce gaz rare augmenterait les capacités de productions de globules rouges…

Antoine Maes

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Les jeux Olympiques de Sotchi achevés dimanche se sont déroulés sans incident en dépit de craintes sur la sécurité, offrant un double succès au président Vladimir Poutine, pour l'organisation et sur le plan sportif, avec la présence de la Russie sur la première marche du podium.
Les jeux Olympiques de Sotchi achevés dimanche se sont déroulés sans incident en dépit de craintes sur la sécurité, offrant un double succès au président Vladimir Poutine, pour l'organisation et sur le plan sportif, avec la présence de la Russie sur la première marche du podium. — Dmitry Astakhov Ria-Novosti

Avec 33 médailles, dont 13 en or, la Russie a régné sans partage sur ses Jeux de Sotchi. Un peu trop, visiblement. La chaîne allemande WRD, dans une enquête diffusée lundi soir, assure que l’équipe russe a massivement eu recours au dopage pour faire exploser son total. Pourtant, aucun contrôle positif n’est venu noircir le tableau.

Et pour cause: selon la WRD, les athlètes russes utiliseraient comme produit dopant le xénon, un gaz rare, dont la propriété principale est de stimuler la production par le corps d’EPO. Alertée, l’Agence Mondiale Anti-dopage, par la voix de Craig Reedie, son président, a assuré que «la commission qui s'occupe de ce genre de question va se pencher sur le sujet dès sa prochaine réunion.»

Une méthode qui ne serait pas nouvelle, selon Gérard Dine, médecin spécialiste du dopage. «Il y a eu un transfert de compétence avec le militaire et le spatial. On peut imaginer que ça remonte aux années 70. Et à moins de venir piquer en flagrant délit quelqu’un qui inspirerait du xénon, vous ne pouvez pas repérer quelqu’un qui l’a fait: c’est votre propre EPO que vous allez stimuler», explique-t-il. Grâce à une tente hypoxique (autorisée par l’AMA), voire même à un spray.

«C’est beaucoup moins efficace que de s’injecter de l’EPO»

Cerise sur le gâteau: la méthode est indétectable, et même pour le passeport biologique: «C’est beaucoup moins efficace que de s’injecter de l’EPO, car vous augmentez de manière mesurée mais réelle votre capacité anaérobie, reprend Gérard Dine. Mais avec une préparation comme celle-là, vous n’avez pas d’effet spectaculaire, mais du coup vous échappez aux variations du passeport».

La seule limite de ce produit miracle? Son accessibilité. Impossible avec le xénon, de bricoler une préparation dans son coin, à moins d’avoir de solides compétences scientifiques et médicales. Sans oublier que «c’est un gaz rare, qui est présent dans l’air à des doses infinitésimales. C’est plus facile d’avoir de l’EPO sur un site chinois que d’avoir du xénon», constate Gérard Dine.