Sotchi 2014 : «Ma fille s'est souvent privée de dessert pour cette médaille»

Propos recueillis par Julien Laloye

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Coline Mattel, le 11 février 2014 à Sotchi.
Coline Mattel, le 11 février 2014 à Sotchi. — JOHN MACDOUGALL / AFP

On a mis du temps à la trouver, entre la foule qui quittait les lieux et celle qui remontait vers le tremplin. «Cheveux clairs, drapeaux bleus sur la joue et bonnet sur la tête » nous avait-on répété plusieurs fois. Finalement, la mère de Coline Mattel était comme nous. Elle attendait enfin de pouvoir parler à sa fille après son exploit lors de l’épreuve de saut à skis.

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Qu’est-ce que ça fait d’avoir une fille médaillée olympique?

Je suis contente, évidemment. C’est super (rires) !

Vous vous y attendiez?

L’attendait je sais pas, mais évidemment qu’on l’espère toujours un peu. Son classement laissait espérer qu’elle pouvait le faire. Après il y a un petit côté superstitieux, on se dit faut pas y croire, ce genre de choses-là.

Elle nous a dit qu’elle avait fait de gros sacrifices culinaires pour y arriver. Vous confirmez?

Je confirme, elle s’est souvent privée de dessert ! Ca fait des années que ça nous fait mal au cœur, mais c’est le sport de haut niveau, c’est très dur et c’est aussi ça qui est génial. La médaille elle ne tombe pas du ciel, quoi. C’est beaucoup de travail.

Vous vous souvenez de son premier saut?

La première fois qu’elle a sauté, je ne le savais pas. Elle ne m’avait pas dit (rires) ! Je me suis rendu compte qu’elle était tombée et qu’elle s’était fait mal deux jours après. Elle avait sept ans, elle était toute petite. Mais comme elle n’aime pas rester sur un échec ; elle a continué.

Vous n’avez jamais essayé de l’en empêcher?

Il n’y avait pas de raisons de l’en empêcher ! Elle n’y était pas allée toute seul, c’était avec le club de ski. Mais on ne se lève pas du bon matin en se disant qu’on va faire du saut à ski. C’est une progression, les enfants essayent, puis quand on accroche on continue, c’est ce qu’elle a fait.

Vous l’aviez vue avant son épreuve? Qu’est-ce que vous vous étiez dit?

Non je ne l’ai pas vue avant, je ne pense pas que c’était souhaitable ! On s’est quand même un peu parlé au téléphone lundi. Bon ça n’a pas duré très longtemps qu’est-ce que vous vouliez que je lui dise (rires). «Fais au mieux», voilà. Et puis de toute façon le boulot d’une maman c’est d’être là dans tous les cas, que ça marche ou que ça marche pas.