Coupe de France: Comment les pros doivent mater un Petit Poucet
FOOTBALL•Pour éviter l’affront d’être sortis par des amateurs…Romain Baheux
Le scénario revient chaque année en Coupe de France. Le tir-au-but vainqueur, le public du petit stade de campagne debout et la France du football prise d’une passion soudaine pour des joueurs de quatrième ou cinquième niveau, mi-électriciens, mi-footballeurs. Mais l’enthousiasme n’est pas généralisé, surtout pour le club de Ligue 1 éliminé. Le revers face à une formation amateure constitue l’un des risques d’un parcours en Coupe de France pour les pros. Opposé à l’Ile-Rousse mercredi en huitièmes de finale, Guingamp tentera d’éviter le même destin que Bordeaux, éliminé par les Corses de CFA2 au tour précédent.
«Guy Roux titillait notre orgueil en nous demandant si on voulait être ridicules devant la France entière»
Des exploits devenus des classiques mais qui demeurent des anomalies. «Je pars du principe que les pros n’ont pas fait ce qu’il fallait quand il y a une surprise de ce genre, explique Daniel Sanchez, ancien entraîneur de Valenciennes et de Tours. Si les joueurs prennent le match sérieusement, ils doivent toujours passer contre une équipe amateure.» Les mêmes excuses reviennent souvent: adversaires déchaînés, pros pas très motivés et, la plus fréquente, terrain déplorable. «Il faut savoir s’y adapter, surtout que personne ne fait d’efforts pour améliorer la pelouse dans ces cas-là, sourit Philippe Violeau, ex-professionnel passé par Auxerre et Lyon. On doit jouer en fonction de tout cela et rester sérieux malgré les conditions.»
Mais comment éviter l’affront? Première étape, remonter son vestiaire contre le Petit Poucet en piquant ses hommes par des remarques bien senties sur leur niveau. «A Auxerre, Guy Roux avait à cœur de ne pas se faire éliminer par des équipes hiérarchiquement inférieures, se souvient Violeau. Il titillait notre orgueil en nous demandant si on voulait être ridicules devant la France entière.» «Personne n’a envie de faire la une des journaux à cause d’une défaite contre une équipe de CFA, poursuit Sanchez. Ça nous arrive de provoquer l’amour-propre des joueurs.»
Les asphyxier physiquement
Une fois sur la pelouse, aux pros de déborder des équipes regroupées en défense et à l’affût de la moindre possibilité de contre. «On prend plus de coups que dans un match de Ligue 1, décrit Philippe Violeau. Pour éviter que les amateurs prennent de la confiance et soient survoltés par l’ambiance, il faut aller marquer très vite. Histoire de bien leur montrer que ce n’est pas possible.»
«Le plus important, c’est de mettre du rythme. Maintenant, les équipes de CFA2 s’entraînent quatre à cinq fois par semaine et ont une bonne base physique mais elles n’ont pas de quoi pouvoir tenir le rythme d’un match pro, analyse l’ancien technicien de Valenciennes. Si vous multipliez les accélérations, vous pouvez faire exploser une équipe pas habituée à ce genre d’efforts en vingt minutes. Mais si vous vous mettez dans leur rythme, vous êtes en danger.» Le meilleur moyen de faire la une des journaux le lendemain.



















