Top 14: Il avait qualifié l’arbitre de «pipe», Bernard Laporte saura lundi ou mardi s’il est suspendu

RUGBY Il est venu plaider sa cause mercredi…

avec AFP

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Le manager du RC Toulon, Bernard Laporte, lors d'une conférence de presse à Toulon, le 14 août 2012.
Le manager du RC Toulon, Bernard Laporte, lors d'une conférence de presse à Toulon, le 14 août 2012. — K.Villalonga/Sipa

La Commission de discipline de la Ligue nationale de rugby (LNR) a entendu mercredi l'entraîneur du RC Toulon Bernard Laporte pour des propos virulents contre l'arbitrage et rendra sa décision lundi ou mardi, a-t-on appris auprès de la LNR et des avocats de l'ancien sélectionneur.

Bernard Laporte, accompagné par son avocat Lucien Mauriac et celui du RCT Christian Chevalier, a été entendu pendant un peu moins de deux heures à la LNR à Paris mercredi en fin de matinée. Laporte, a dû se justifier d'avoir qualifié d' incompétent» et de «pipe» Laurent Cardona, arbitre du match perdu par Toulon à domicile face à Grenoble (21-22) le 4 janvier en Top 14.

«Je suis très serein»

«On a énoncé des propos clairs, pourquoi je les avais tenus (les propos), quelle était ma motivation... Ma motivation, elle est simple je veux que le rugby soit de plus en plus professionnel», a affirmé Laporte à sa sortie.

«Si j'ai à m'excuser ce n'est pas à la commission de discipline», a-t-il précisé ajoutant: «Je n'ai pas à être confiant ou pas confiant, chacun fait son travail (...) Je suis très serein. C'était courtois, poli, engagé. Très bon ressenti».

L'avocat du club Me Chevalier a expliqué une partie de la défense du RCT et de Laporte. «C'est une stratégie relativement simple: des propos ont été tenus hors du cadre professionnel du Top 14. C'est la raison pour laquelle à notre avis la commission de discipline n'est pas compétente.»

«Le club et Bernard ont présenté des arguments pertinents (...) on a fait un travail solide argumenté étayé (...) les dés sont lancés», a-t-il ajouté, soulignant que le club était «solidaire de son manager».

«On attend sereinement la décision. Nous sommes malgré tout perplexes car la Commission nous a parfois surpris à adopter des décisions qui ont, comme les ballons de rugby, des rebonds étranges», a-t-il ironisé, précisant que le club se réservait le droit de faire appel de cette décision, puis de saisir le Comité Olympique, si celle-ci ne lui convenait pas.

«Il n'y a pas de volonté de faire mal à une personne visée»

L'avocat de Bernard Laporte, Me Mauriac, a indiqué qu'il ne s'attendait pas forcément à une suspension: «Les moyens juridiques que nous avons soulevés peuvent peut-être les (les membres de la commission, ndlr) inciter à ne pas condamner».

L'avocat a estimé que les propos de Laporte étaient «peut-être outranciers mais en rien constitutifs d'injures ou d'insultes. Il ne visait pas l'arbitre, il exprimait son ras le bol, son émoi face à l'arbitrage».

Il a précisé que Laporte avait tenu ses propos au «Moscatoshow», une émission radio de débat sportif, et plaidé: «Heureusement qu'il y a encore des exutoires de cette nature sinon --et on s'en plaint dans d'autres disciplines-- c'est la langue de bois. Là, au moins, ça vit, ça vibre, ça s'exprime parfois avec quelques excès de langage, mais ça fait partie de la vie. Gardons, non pas les valeurs, mais les références du rugby. Il n'y a pas volonté de faire mal à une personne visée.»

L'entraîneur risque une sanction lourde. Il a déjà été interdit de banc et de vestiaire 60 jours en 2012 pour des propos injurieux envers l'arbitre Romain Poite, quelques mois après la suspension de son président Mourad Boudjellal pour 130 jours, pour avoir affirmé avoir subi «une sodomie arbitrale» lors d'un match de Top 14.