Sotchi 2014: A 15 ans, la «bosseuse» Perrine Laffont brûle les étapes

JO La skieuse de bosses ariégeoise, benjamine de l’équipe de France, va en Russie pour apprendre, avant de viser une médaille dans quatre ans…

Nicolas Stival

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Perrine Laffont, benjamine de l'équipe de France olympique aux Jeux de Sotchi, en 2014.
Perrine Laffont, benjamine de l'équipe de France olympique aux Jeux de Sotchi, en 2014. — D. H.

Quand Fabien Barthez, le plus célèbre enfant de Lavelanet, a soulevé la Coupe du monde, le 12 juillet 1998, Perrine Laffont n’était pas encore née. La benjamine tricolore des Jeux olympiques de Sotchi a vu le jour dans la petite ville ariégeoise le 28 octobre suivant. Deux ans plus tard, elle dévalait ses premières pistes enneigées. Jeudi, un jour avant la cérémonie d’ouverture des JO russes, la lycéenne en classe de seconde représentera la France lors des qualifications de ski de bosses, une discipline spectaculaire mêlant vitesse et jugement (technique et saut).

«J’y vais pour découvrir l’ambiance des Jeux, glisse-t-elle. Je veux voir comment ça se passe afin que dans quatre ans je ne sois pas impressionnée pour obtenir une médaille.» D’ailleurs, Perrine Laffont était plutôt programmée pour les JO 2018 à Pyeongchang, en Corée du Sud. Mais ses bons résultats en Coupe du monde lui ont permis de brûler les étapes. Ce phénomène de précocité occupe la 18e place d’un classement général dont elle est, de loin, la plus jeune, un an après avoir terminé troisième des Mondiaux juniors (moins de 20 ans).

«Avant tout, c’est une Pyrénéenne»

«Elle a le niveau du Top 10, mais l’Américaine Hannah Kearney (28 ans) et la Canadienne Justine Dufour-Lapointe (19 ans) sont clairement favorites, lance sa mère, Dominique Huillet, qui l’accompagne à Sotchi. Perrine est encore un peu lente au niveau du ski. En 2018, effectivement, elle visera une médaille.»

Les paroles maternelles sont celles d’une spécialiste, responsable de la commission freestyle au comité régional de la Fédération française de ski. Mais aussi présidente du Boss Club des Monts d’Olmes, la station de sports d’hiver ariégeoise où la jeune fille a découvert sa discipline, sous la houlette de son père, Jean-Jacques, et sur les traces de son grand frère Grégory. Vous avez dit prédestinée?

«Perrine a le goût de la gagne, reprend sa mère. Mais ce qui la caractérise vraiment, c’est le fait de prendre du plaisir, de partir avec les copains, quitte à se lever tôt et à faire les devoirs dans le bus.» L’adolescente a intérêt à ne pas souffrir du mal des transports. Collégienne à Ax-les-Thermes (Ariège), puis lycéenne à Font-Romeu (Pyrénées-Orientales), elle quitte très régulièrement son cher massif.

«Il faut aller se confronter aux Alpins pour se faire connaître», précise Dominique Huillet. Jeudi, la première Ariégeoise à disputer les JO d’hiver portera haut les couleurs de son département. Mais pas seulement. «Avant tout, c’est une Pyrénéenne», tranche sa mère. Comme ses glorieuses aînées Isabelle Mir et Annie Famose, médaillées en ski alpin aux Jeux olympiques de Grenoble, en 1968. Trente ans avant le sacre mondial de Barthez, et la naissance de Perrine Laffont.