Euro 2014 de hand: Equipe de France cherche gardiens sur qui compter

HANDBALL En attendant que Thierry Omeyer se remette, Vincent Gérard et Cyril Dumoulin gardent la cage des Bleus à l’Euro…

Julien Laloye, avec Loïc Bécart

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Cyril Dumoulin garde les buts de l'équipe de France, le 4 janvier 2014 à Paris.
Cyril Dumoulin garde les buts de l'équipe de France, le 4 janvier 2014 à Paris. — HENRI COLLOT

Dix ans ou à peu près qu’ils se tirent la bourre en D1. Dix ans qu’il n’y a pas meilleurs qu’eux en France. Dix ans, pourtant, qu’ils passent à côté de leur carrière internationale. La nuit, Vincent Gérard (Dunkerque) et Cyril Dumoulin (Chambéry) doivent faire des concours de fléchette avec le portrait de Thierry Omeyer, le gardien historique des Bleus. Même s’ils ne l’avoueront jamais... «Vous plaisantez ? Depuis que j’ai commencé le hand, Titi un modèle pour moi», s’offusque Gérard. «Tu ne vas pas te leurrer en te disant que tu aurais fait mieux à sa place de toute façon» renchérit Dumoulin.

«Dans les grands clubs, il y a deux très bons gardiens qui se relaient»

Cela tombe quand même bien que le dit Omeyer, 37 ans, regarde pour l’instant l’Euro du banc, lui qui vient juste de reprendre à cause d’une blessure au coude. Avec la retraite de Karaboué, qui acceptait le rôle de faire-valoir du Montpelliérain sans rechigner, c’est l’occasion de voir ce que vaut la relève. Et peut-être, l’air de rien, de proposer un autre mode de fonctionnement à Claude Onesta. «Titi avait habitué tout le monde à une gestion des gardiens particulière, avance Dumoulin. Mais dans les grands clubs maintenant, il y a deux très bons gardiens qui se relaient. Ça permet d’opposer différentes solutions tactiques à l’adversaire.»

A ma gauche, le côté chien fou de Gérard, capable de prendre feu tout seul –«ma principale qualité en plus de ma combativité, c’est de savoir lire un tir», explique le bonhomme; à ma droite, la discipline de Dumoulin, plus en raccord avec l’effort défensif global. Le tout sans se tirer dans les pattes. Pour le premier nommé, «le travail doit se faire en collaboration et notre concurrence ne pas desservir l’équipe». Le second :  «Il y a une complémentarité évidente entre nous.» Remarquablement illustrée par le match face à la Russie, où Dumoulin (neuf arrêts) est venu à la rescousse d’un Gérard un peu paumé à la mi-temps.

«Les mecs ont la main plus tremblante quand ils tirent sur Omeyer»

Evidemment, ce bel équilibre durera le temps qu’il durera. En clair, jusqu’à ce qu’Omeyer se sente suffisamment prêt pour reprendre le manche, Onesta n’ayant pas fait mystère à grand-monde qu’il «avait peu de certitudes» à haut niveau avec les deux novices. Peut-être au deuxième tour, peut-être en demi-finales. «On digérera sans problème, assure Dumoulin. «Encore une fois, c’est Omeyer, c’est le mec qui a le plus pesé en équipe de France en dix ans. Je peux vous assurer que les mecs ont la main plus tremblante quand ils tirent sur Omeyer plutôt que sur Gérard ou Dumoulin.» Il va pourtant falloir que ça change.