Euroligue: Trenton Meacham, l’anti-star de la JSF Nanterre

BASKET Le meneur américain est le leader technique des champions de France, mais aussi un personnage qui ne souhaite pas forcément attirer la lumière…

Romain Scotto

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Le meneur de la JSF Nanterre, Trent Meacham, (en blanc) lors d'un match d'Euroligue contre le CSKA Moscou, le 17 octobre 2013 à Paris.
Le meneur de la JSF Nanterre, Trent Meacham, (en blanc) lors d'un match d'Euroligue contre le CSKA Moscou, le 17 octobre 2013 à Paris. — AFP

Son français est aussi hésitant que son jeu est rassurant. «J'essaye parle français (sic)», sourit l’Américain, fier de son petit effet, mais beaucoup plus à l’aise lorsqu’il mène le jeu de la JSF. Depuis un an et demi, il dirige le navire nanterrien qu’il a conduit au titre de champion en juin dernier, puis en Euroligue cette saison. Si le club est encore en course pour le Top16, avant un déplacement  à Kiev, vendredi soir, il le doit en partie à son numéro 14, abonné au cinq majeur de l’équipe avec ses 8 points de moyenne.

Un destin inespéré pour un joueur qui avait pris sa retraite à l’été 2012. A 27 ans. Après une saison décevante chez le voisin du Paris-Levallois, l’Américain avait l’intention de tout lâcher. «Pour des raisons personnelles. Avec ma femme, on pensait qu’on avait vécu une bonne expérience à l'étranger. J’étais prêt à passer à une autre étape de ma vie»

«Le jeu me manquait»

Sentant la bonne affaire, Pascal Donnadieu a alors sauté sur son téléphone pour relancer celui qu’il considère aujourd’hui comme l’un des meilleurs meneurs européens. «Je l’adorais quand il était au PL. La philosophie du club lui plaisait», indique le coach de Nanterre qui a fait pression sur son ancien compagnon de chambre, Philippe Da Silva (un ex de Nanterre), pour le faire revenir sur sa décision. «J’ai réalisé que je pouvais encore jouer. Le jeu me manquait» poursuit Trenton Meacham, après une coupure pendant laquelle il s’est «nettoyé la tête.»

Une saison et demie plus tard, ses coéquipiers saluent un joueur exemplaire qui s’est approprié malgré lui le statut de leader. «C’est le joueur rêvé pour un coach, indique Jérémie NZeulie. Il vient toujours shooter en avance à la salle, travaille dur pour s’améliorer». Sans jamais la ramener, chose rare chez les Américains de Pro A. «On me dit que je n’ai pas la mentalité américaine? J’essaie de me voir comme un leader, d’aider, encourager ces gars», poursuit Meacham qui ne sait pas encore où il jouera l’année prochaine. Passé par les universités de Dayton et d’Illinois, il n’a jamais été drafté en NBA mais garde un œil sur son équipe préférée, les Chicago Bulls. Un championnat dont il rêve parfois la nuit devant sa télé.