01:23
PSG: Pas de Français titulaire, est-ce un problème pour les supporters?
FOOTBALL•Contre Lyon, Laurent Blanc n’a titularisé aucun Français…Antoine Maes
C’est un débat récent en France, mais qui a été tranché depuis bien longtemps en Angleterre. Si la Ligue 1 a dû attendre dimanche soir pour voir le PSG devenir la 1ere équipe à ne titulariser aucun Français (contre Lyon), l’Angleterre a franchi le cap dès 1999. A l’époque, c’est Chelsea qui avait fait le premier pas, imité six ans plus tard par Arsenal.
« Paradoxalement, on en parlait plus à l’étranger qu’en Angleterre, se souvient le défenseur français Pascal Cygan, titulaire à cette époque avec les Gunners. Avoir des Anglais dans l’équipe, c’était important pour les supporters, mais avant tout ce qu’il fallait c’était gagner », résume l’ancien Lillois. Pour lui, ce sera pareil avec le PSG : « Si le PSG gagne 4-0 toutes les semaines, on aura oublié qu’il n’y avait aucun Parisien ou aucun Français dans l’équipe. »
Dimanche, Jean-Michel Aulas, le président de l’OL, a salué la victoire parisienne en regrettant l’absence de tricolore au coup d’envoi.
« Bravo au PSG qui était plus fort ce soir et c'est justice . Un regret il faut des joueurs français à cette équipe ! Avant Matuidi : aucun ! — Jean-Michel AULAS (@JM_Aulas) December 1, 2013 »
Mais dommage pour quoi ou pour qui ? Pour le public, « le débat n’est pas de savoir si c’est bien », assure le sociologue Ludovic Lestrelin, spécialiste du supportérisme et professeur à l’université de Caen. « Un club avec un industriel local, soutenu par les élus locaux, formant des joueurs du cru, soutenus par des gens habitant à proximité, ce modèle-là s’est affaibli », reprend le chercheur.
Aujourd’hui, « les grands clubs européens ont franchi leurs frontières locales depuis longtemps », remarque Ludovic Lestrelin. D’ailleurs, si l’on s’attarde sur l’absence de français dans le 11 de départ du PSG, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. « L’économie du foot est marquée par une intense mobilité des images, des capitaux, des dirigeants eux-mêmes, remarque-t-il. Même les compétitions circulent : le trophée des champions se joue en dehors de France. »
Attention tout de même : à terme, le PSG ne doit pas négliger sa base géographique. Quand il n’y a pas de Français sur la pelouse, l’ancrage parisien du club tient au Parc des Princes et à la Tour Eiffel sur le logo. « Vous ne remplirez pas le Parc uniquement avec des touristes venant d’Asie, reprend Ludovic Lestrelin. Le PSG a tout intérêt à savoir cultiver les deux dimensions : l’ancrage territorial proche et la projection sur une aire de jeu mondial. »


















