XV de France: Les Bleus se préparent pour une guerre de tranchées face à l'Afrique du Sud

RUGBY La dimension physique sera fondamentale contre les Boks samedi à Saint-Denis...

Julien Laloye
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Thierry Dusautoir lors d'un match contre l'Afrique du Sud en 2009.
Thierry Dusautoir lors d'un match contre l'Afrique du Sud en 2009. — PASCAL PAVANI / AFP

Mardi, à Marcoussis, c’était corvée médiatique pour les avants du XV de France. Ils sont passés à la demi-douzaine et ça tombait plutôt bien avant de se coltiner l’Afrique du Sud, l’équipe à la réputation la plus physique du plateau. Devant les coupeurs de tête samoans, c’est dire. «Ils sont très solides. C’est sûr, ça promet du combat», sourit Damien Chouly d’un œil. L’autre a été salement amoché par Thierry Dusautoir face au Tonga, et vu la tête du troisième ligne clermontois, on ne peut s’empêcher de lui demander s’il se sent d’attaque. «Toujours. Enfin on verra si je suis dans le groupe.»

«Un pack très lourd et très dense»

Réduit à 23 ce mardi, le groupe tricolore peut compter sur le renfort de Yoann Maestri, finalement épargné par la commission de discipline après son carton rouge contre les Tonga. La puissance du deuxième ligne sera appréciable face aux Boks. Si le XV de France prend régulièrement des trempes contre les Blacks ou les Wallabies, il est étonnamment féroce contre les Boks (six victoires et un nul sur les dix derniers duels entre les deux équipes). «C’est vrai qu’on a tendance à savoir ce qu’ils vont faire, explique Louis Picamoles. Mais ils ont de telles qualités physiques qu’ils avancent quand même. Après, ils savent aussi jouer très bien au rugby derrière.»

N’empêche, avec l’Afrique du Sud, on n’est jamais déçu. C’est d’abord du combat, encore du combat et un pack monstrueux. «Peut-être pas le plus dur au monde, mais l’un des meilleurs», détaille Domingo. Le pilier clermontois, de retour de blessure, a lui aussi été rappelé par Saint-André pour faire le poids samedi à Saint-Denis en mêlée. «Les Boks, c’est un pack très dense, très lourd. D’autant qu’avec les changements de règles, on ne peut plus jouer sur la dynamique d’entrée en mêlée pour les déstabiliser. C’est vraiment un choc de puissance pure qui peut les favoriser.» Pour s’en sortir, le modèle est à chercher du côté du test de Toulouse en 2009. Même contexte –des Bleus moyens, des Boks en pleine bourre-, même problématique –leur marcher dessus ou se faire marcher dessus-, même conclusion –victoire de la France 20-13?

«Il ne faut pas regarder leur densité physique»

«On avait répondu sur ce qui fait leur force, confirme Louis Picamoles. On les avait surpris dès le début sur le défi et on avait tenu sur 90 minutes. Il ne faut pas regarder leur densité physique et les laisser faire.» Un domaine où les Bleus ont justement péché la semaine passée face aux Tonga. «On s’est trop consommés dans les rucks parce qu’on craignait le combat dans cette zone, concède Domingo. Là, il s’agira de ne pas être attirés comme des aimants à chaque regroupement, sinon on souffrira dans la largeur.» Face à l’Afrique du Sud, c’est pourtant une tentation à laquelle on résiste rarement.