OM/Naples: La Camorra, supportrice numéro un du Napoli

FOOTBALL L'un des virages du stade San Paolo, la Curva A, est en partie régenté par la pègre napolitaine...

À Marseille, Camille Belsoeur

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Un tribune du Stade San Paolo, à Naples
Un tribune du Stade San Paolo, à Naples — CARLO HERMANN / AFP

Un enfer en deux dimensions attend l’OM mercredi soir sur la pelouse du stade San Paolo à Naples, avec sur le terrain une équipe italienne qui réalise le meilleur départ de son histoire en Serie A et en tribune un public chaud bouillant. Certains ultras ont même des liens très étroits avec la Camorra, la mafia napolitaine… Lors d’un match à domicile du SSC Napoli, il n’y a qu’à lever les yeux pour apercevoir des signes de cette présence de la puissante organisation criminelle.

A base de Totonero

Dans la Curva A, l’un des deux virages de San Paolo, la banderole «Masseria Cardone» du groupe d’ultras éponyme fait référence au clan Licciardi, un clan de la Camorra implanté dans le quartier de Secondigliano. Rien de très surprenant dans une ville où la présence de la mafia est partout, jusque dans les Totonero, ces célèbres paris sportifs illégaux. «Les jours de matchs, tout le monde parie sur le résultat de Naples et donne 10 € à un collecteur de la Camorra», explique l’universitaire Fabrice Rizzoli, auteur du Petit dictionnaire énervé de la mafia et par ailleurs ancien ultra de l’Inter Milan.

En 2009, des écoutes téléphoniques de la police italienne avaient aussi révélé qu’un chef camorriste du tristement célèbre quartier de la Scampia, dépeint dans le film Gomorra tiré de l’œuvre de Roberto  Saviano, était en relation direct avec un «capo» de la Curva A. Quelques mois plutôt, à la suite de violents affrontements avec des supporters de la Roma, un grand nombre de tifosis napolitains interpellés par la Police avaient déjà des antécédents judiciaires en lien avec des groupes «camorristici»…

«Des systèmes basés sur la violence»

«La Camorra a recruté des tifosis ultras du Napoli, comme eux, réputés violents du groupe Niss», révélait à l’époque Franco Roberti, alors le patron de la direction antimafia de Naples.

« Il y a beaucoup de similitudes entre l’organisation de la mafia et le fonctionnement des groupes ultras, raconte Fabrice Rizzoli. Ce sont des systèmes basés sur la violence, où l’on se sent fort en groupe. Il y a aussi l’interdiction de déserter et de changer de camp à un moment de sa vie. »

Réputés violents, - ils avaient d’ailleurs semé la pagaille à Marseille au match aller - les ultras de Naples «sont cependant noyés dans la ferveur du stade San Paolo les jours de matchs, nuance Fabrice Rizzoli. Leur frange d’ultras est réputé violente mais en Italie les tifosis de petits clubs comme le Hellas Vérrone font encore plus peur car ils comptent pour une part importante de leur public.»