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Masters 1000 de Bercy: Le public parisien est-il vraiment «abruti»?

Masters 1000 de Bercy: Le public parisien est-il vraiment «abruti»?

TENNIS – C’est ainsi que l’a qualifié Benoît Paire après sa défaite au premier tour…
Romain Scotto

Romain Scotto

La colère et le stress d’après défaite n’excusent pas tout. Même s’il a réagi «à chaud», Benoît Paire a exprimé le fond de sa pensée en traitant le public du tournoi de Bercy d’«abruti», dans la foulée de son élimination au premier tour du Masters 1000. Face au jeune Pierre-Hugues Herbert, le 26e joueur mondial n’a pas apprécié d’être sifflé après avoir cassé une raquette. Comme si ce public n’était pas capable de comprendre qu’un joueur en perdition avait droit à quelques coups de sang. Par «abruti», il faut donc entendre «non initié» dans la bouche de Paire, en partie soutenu par Guy Forget.

«Certaines personnes sont là pour le spectacle, indique le directeur du tournoi. Quand c’est bien, ils tapent des pieds, hurlent, beaucoup plus qu’à Roland. A l’inverse, quand un joueur s’énerve, ils crient ouhhhh. Il faut essayer de ne pas voir ça d’un œil critique.» D’une certaine manière, l’ancien joueur reproche au public d’avoir pris un peu trop au sérieux le coup de colère de Paire, précisant qu’une petite partie de la salle a pris le joueur en grippe. «Benoît s’est un peu agacé en balançant sa raquette, mais c’était plus vis-à-vis de lui-même que par rapport à son adversaire. Il y a toujours dix, quinze personnes qui vont croire que c’est vis-à-vis de son adversaire», regrette Forget.

«Souvent, les gens sont eux-mêmes joueurs»

Selon la plupart des joueurs, cela n’en fait pourtant pas un public inculte, non rompu aux codes du circuit professionnel. Bien au contraire. «Sur les Masters 1000, le public est toujours plus connaisseur qu’ailleurs, poursuit Ivan Ljubicic, reconverti entraîneur. Déjà, pour savoir qu’il y a un tournoi, il faut s’intéresser au tennis. Souvent, les gens sont eux-mêmes joueurs ou alors ce sont leurs enfants. Ils regardent les matchs différemment. Ils sont plus passionnés.»

A une dizaine de kilomètres de Roland-Garros, les joueurs pourraient s’attendre à retrouver les mêmes spectateurs qu’au mois de juin. Mais il n’en est rien. «Ici, les gens viennent plus pour le tennis, alors que Roland, c’est plus bon enfant. Plus m’as-tu vu», observe Edouard Roger-Vasselin. Dans une salle réputée pour son acoustique, les spectateurs de Bercy ont plus tendance à s’emballer, ce qui peut parfois déstabiliser un joueur inexpérimenté. «C’est un public qui peut être dur», enchaîne Michaël Llodra qui s’est toujours senti attendu au tournant sur le Central. «Quand on a des comportements moyens, il nous rattrape. Voilà. Il y a toujours des gens qui cherchent la petite bête.» Et avec Benoît Paire, il faut croire qu’on la trouve plus rapidement qu’avec les autres.