L’ex-international Nicolas Jeanjean «commence à penser à une vie post-rugby»

RUGBY L’ancien Toulousain et Parisien peaufine sa reconversion dans la préparation physique et l’horlogerie…

Propos recueillis par Nicolas Stival

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L'ailier du Stade Toulousain Nicolas Jeanjean (à gauche) déborde la défense rochelaise, le 21 octobre 2001.
L'ailier du Stade Toulousain Nicolas Jeanjean (à gauche) déborde la défense rochelaise, le 21 octobre 2001. — NATHALIE SAINT-AFFRE / AFP

Le «clasico» du rugby opposera samedi les Stades Toulousain et Français. Nicolas Jeanjean (32 ans) a porté les deux maillots. L’arrière ou ailier international (9 sélections) a explosé à Toulouse en 2001, en même temps que Clément Poitrenaud et Frédéric Michalak. Puissant, doté d’un très bon jeu au pied, Jeanjean semblait promis à la même carrière dorée que ses amis. Mais dès 2002, les blessures ont freiné sa progression, la plus grave restant une double fracture tibia-péroné en 2005. Aujourd’hui, Jeanjean n’a pas de regret mais beaucoup de projets.

Vous êtes sans club depuis juin 2012. Que devenez-vous?

J’ai passé une dernière saison assez compliquée à Brive, en 2011-12. J’ai peu joué pour des raisons relationnelles. J’ai souhaité me rapprocher de Montpellier, ma ville d’origine, avec ma fiancée, pour digérer et soigner mon tendon d’Achille, qui était touché. Je me suis entretenu, puis j’ai proposé d’intégrer l’équipe de France de rugby à VII. Je me suis entraîné avec elle, il était question que je fasse un tournoi à Dubaï (fin novembre 2013), mais cela n’a pas abouti faute de budget. Je ne demandais pas une somme exorbitante, mais il n’a pas été possible d’obtenir une rallonge pour renforcer l’équipe.

Et maintenant?

Cela fait quinze jours que le chapitre du VII s’est refermé. Je commence à penser à une vie post-rugby, avec d’autres challenges. En 2012-13, j’ai suivi une formation de préparateur physique et je vais intégrer une société à Montpellier. J’ai aussi un projet dans l’horlogerie, un monde qui me plaît depuis pas mal d’années.

C’est-à-dire?

Depuis cinq ou six ans, je vends des montres à pas mal de monde, surtout des joueurs de rugby, par le biais d’un réseau que j’ai créé. Quand la Fédération française de basket a voulu faire un cadeau à l’ensemble des champions d’Europe, elle est passée par moi. Je suis en train de monter une société dans ce secteur.

Avez-vous des regrets par rapport à votre carrière?

Non. A chacun son parcours. Le mien a peut-être été plus semé d’embûches que d’autres. Malgré tout, j’ai eu pas mal de chance. Comme celle de porter pendant huit ans le maillot de Toulouse, de gagner le championnat de France et la Coupe d’Europe avec mes copains. Même après ma fracture tibia-péroné, j’ai été champion de France avec Paris. J’ai joué des finales, j’ai aussi pu évoluer  avec les Barbarians français et anglais, qui représentent quelque chose de fort dans le rugby.

Vous avez posé dans le calendrier des Dieux du Stade et même fait partie du jury de Miss France (en 2002). La célébrité ne vous a-t-elle jamais tourné la tête?

Joueur de rugby professionnel, cela n’existait pas quand j’étais enfant. Donc, je n’en ai pas rêvé, c’est arrivé comme ça. J’ai commencé en pro à 17 ans. J’ai fait le calendrier des Dieux du Stade à ses débuts. Je ne suis pas fier de toutes les photos, mais on ne maîtrise pas tout, surtout lorsqu’on est très  jeune... Cela fait partie d’une expérience, comme Miss France. Après, le fait de changer de ville, de me casser le tibia et le péroné, cela remet les pieds sur terre. Me blesser de temps en temps m’a permis de relativiser beaucoup de choses.

Dans quel camp vous situez-vous avant le choc des Stades, samedi?

Mon club de cœur, c’est Toulouse. C'est là où j’ai passé le plus de temps. On a joué pendant trois-quatre ans avec la même équipe. J’ai eu la chance de connaître une génération, celle des Cazalbou, Miorin et Deylaud, qui m’a inculqué les valeurs de ce sport. Vu que Toulouse joue à domicile, je souhaite une victoire toulousaine. Après si les Parisiens sont bons, ils gagneront au retour, chez eux.