Clément Poitrenaud: «Si les dirigeants toulousains avaient voulu se débarrasser de moi, ils auraient eu quelques occasions»

Propos recueillis par Nicolas Stival

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Clément Poitrenaud, sous le maillot de Toulouse, le 1er octobre 2011.
Clément Poitrenaud, sous le maillot de Toulouse, le 1er octobre 2011. — LANCELOT FREDERIC/SIPA

Depuis ses sept ans, en 1989, Clément Poitrenaud évolue au Stade Toulousain. L’arrière ou centre (31 ans) portera le maillot Rouge et Noir au moins jusqu’en 2016, après la toute fraîche prolongation de son contrat pour deux saisons. L’international (47 sélections, la dernière en mars 2012) évoque une fidélité devenue rarissime dans le sport professionnel. Sans omettre ses contacts passés avec le Stade Français et… les London Wasps, face auxquels il avait commis une erreur fatale en finale de la Coupe d’Europe 2004.

Vous aurez 34 ans au terme de votre contrat. Allez-vous finir votre carrière à Toulouse?

A priori oui. Après, on ne sait pas comment je serai à ce moment-là. Si je me sens bien, je ferai peut-être une année de plus. Sinon, ce sera le moment de prendre ma retraite.

C’est une belle marque de confiance de la part de vos dirigeants…

Vu le nombre d’années que j’ai déjà passées ici, s’ils avaient voulu se débarrasser de moi, ils auraient eu quelques occasions (sourire). Ils ont eu envie de me garder, et j’ai eu envie de rester.

« J’ai été contacté par les London Wasps. Comme quoi… »

Pensez-vous que dans l’avenir, il sera toujours possible pour un joueur de faire toute sa carrière dans le même club?

Oui, mais ce sera très rare. Durant ma carrière, j’ai eu des opportunités de partir pour un peu plus d’argent, mais j’ai préféré rester à Toulouse pour diverses raisons, notamment sportives. Nous sommes ici dans un confort assez exceptionnel. J’ai quatre titres de champion de France, trois Coupes d’Europe et j’ai dû jouer neuf ou dix finales en 13 saisons. Pourquoi partir?

Quels clubs vont ont contactés ?

Le Stade Français lorsque Max (Guazzini) était président (jusqu’en 2011). Je l’ai vu à chaque fois que j’ai renégocié mon contrat, je l’aime beaucoup. Et puis les London Wasps, à l’époque de Ian McGeechan (manager de 2005 à 2009). Comme quoi (sourire)…

« J’ai toujours très bien gagné ma vie »

Avez-vous déjà gambergé avant de prolonger?

Forcément. J’aurais pu comprendre que le club estime qu’un autre était plus apte à tenir le poste. On se pose toujours des questions au moment de prolonger. Combien d’années va-t-on signer? Combien va-t-on gagner? Qu’est-ce qu’on me propose ailleurs? Mais cela a finalement toujours été assez rapide et limpide. Peut-être parce que j’ai toujours été raisonnable, sans faire Cosette non plus! J’ai toujours très bien gagné ma vie.

Une reconversion au club est-elle déjà prévue à la fin de votre carrière?

Sincèrement, je suis concentré sur le match à venir (samedi, contre Castres) pas plus loin.

Pensez-vous toujours à l’équipe de France?

Je regarde les appelés. Mais ça ne me perturbe pas du tout. Si ça vient tant mieux. Il n’y a pas un joueur du Top 14 qui vous dira qu’il n’a pas envie d’aller en équipe de France. Cela dépend de la forme du moment, des performances, de la concurrence, de l’âge aussi, j’ai l’impression… Pour novembre déjà, c’est râpé (il ne fait pas partie des 30 joueurs convoqués pour le stage préparatoire aux trois test-matchs). J’aurai une semaine de vacances pour aller à Miami faire de la préparation physique avec Vincent Clerc.

L'erreur de Clément Poitrenaud en finale de la Coupe d'Europe 2004 contre les Wasps