Expo de joueurs de PSG: «Ils venaient travailler avec moi pour s’échapper»

Propos recueillis par Romain Baheux

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Saint Cloud le 11 septembre 2013. Darco l’un des pionniers du graffiti en France chez lui, dans son jardin avec ses toiles.
Saint Cloud le 11 septembre 2013. Darco l’un des pionniers du graffiti en France chez lui, dans son jardin avec ses toiles. — A. Gelebart / 20 Minutes

Alex, Thiago Silva, Thiago Motta, Maxwell, Lucas et Clément Chantôme ont deux points communs. Le premier, c’est d’avoir été champions de France avec le PSG la saison dernière. Le deuxième est d’avoir accepté de collaborer avec le graffeur Darco. Pendant plusieurs mois, l’artiste a travaillé avec les six hommes pour réaliser une exposition intitulée «Autograff», inaugurée la semaine prochaine à Paris et prochainement vendue aux enchères au profit de l'association Lar do Caminho. Darco raconte sa collaboration avec les joueurs.

En quoi consiste le travail que vous avez mené avec les joueurs?

Je travaille beaucoup sur les signatures dans mes travaux. La signature, par l’autographe, est très présente dans le quotidien des footballeurs. Elle est travaillée parce qu’il a l’habitude d’en faire. En fait, ils taguent toute la journée sans s’en rendre compte. L’idée, ce n’était pas juste de leur faire apposer leur signature sur une toile. Je leur ai préparé des œuvres qu’ils devaient compléter, on a travaillé ensemble sur l’intégration de leur signature dans l’oeuvre. Ce sont des éléments graphiques artistiques.

Comment avez-vous travaillé avec eux?

Ils ont d’abord dû se familiariser avec les outils, comme la bombe et les marqueurs. Il fallait prendre du temps avec chacun pour qu’ils s’exercent un peu aux techniques. Dans l’ensemble, ils s’en sont très bien sortis. Lucas, il a l’habitude de le faire et je le soupçonne d’avoir au moins des amis qui font du graffiti. Il a tout de suite compris le truc, il a eu beaucoup de facilités à utiliser les techniques. On a échangé sur ce qu’on voulait faire de l’œuvre mais ils m’ont fait entièrement confiance artistiquement.

Certains vont-ils prolonger l’expérience?

Il n’y a pas eu de demandes concrètes pour approfondir la chose mais certains, comme Lucas et Thiago Motta, ont pris des marqueurs pour continuer à s’exercer chez eux.

Sur les six joueurs, cinq sont nés au Brésil. Avez-vous été gêné par la barrière de la langue?

On se parlait essentiellement en anglais pour leur expliquer les techniques. Les Brésiliens ont l’habitude de voir ce genre d’œuvre, la culture des fresques murales est très présente en Amérique latine, notamment le street art. Ils ne sont pas surpris par ça, c’est un art comme un autre pour eux. Le seul Français, Clément (Chantôme), me servait de relais avec les autres. Il s’est beaucoup impliqué dans le projet.

Parliez-vous football avec eux?

Pas tellement, même si le sujet a été parfois abordé. C’est ce qu’ils vivent au quotidien. C’est leur métier, ils ne pensent qu’à ça. Ils étaient aussi là pour s’échapper, ça leur donnait la possibilité de sortir de ce contexte. C’est artistique, c’est quelque chose qui est a priori loin de leur univers et c’est ce qui a rendu la chose intéressante.

Ø Exposition des œuvres le 18 et le 19 septembre de 11 à 19h à Artcurial, 7 rond-point des Champs-Elysées, à Paris.

Ø Vente aux enchères des œuvres au profit de l’association Lar do Caminho à Artcurial en présence des joueurs et de l’artiste le jeudi 19 septembre à partir de 19h.