Equipe de France: Hugo Lloris, plus fort que jamais?

Bertrand Volpilhac

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Hugo Lloris, avec l'équipe de France, le 14 novembre 2012.
Hugo Lloris, avec l'équipe de France, le 14 novembre 2012. — O.MORIN/AFP

Avec tout le respect qu’ils doivent à Brad Friedel, la situation a de quoi les embarrasser. Il y a encore une saison, quand Hugo Lloris venait juste de rejoindre Tottenham, les supporters du club londonien soutenaient vivement le gardien américain, titulaire jusqu’en décembre 2012. Aujourd’hui, ils s’apprêtent à (largement) élire le capitaine de l’équipe de France comme meilleur joueur du mois d’août. «Quand vous êtes un gardien étranger, ce n’est pas facile de vous faire accepter en Angleterre, sourit Christophe Lollichon, entraîneur des portiers de Chelsea. Mais avec Hugo, la presse est positive et les supporters l’apprécient beaucoup. Il a fait son trou.»

Sans faire de bruit, comme à son habitude. De la même façon qu’il va fêter mardi face à la Biélorussie sa 50e sélection avec l’équipe de France, à 27 ans. On le dit timide, limite introverti, au point de faire grincer ceux qui voudraient un capitaine des Bleus plus aboyeur. Son discours, Lloris le récite en étant bon dans ce qu’il sait faire. «Il fait partie de cette dizaine de gardiens dans le monde réguliers en club et en équipe nationale, note son ancien coéquipier à Nice Lionel Letizi. Il atteint l’âge où un gardien est au maximum de ses performances, entre 27 et 33 ans. Surtout quand, comme lui, on a commencé à 19 ou 20. Il a de l’expérience et joue régulièrement les plus grandes compétitions.»

«Il s’est amélioré dans le domaine aérien»

On lui promettait pourtant d’exploser, lui et ses 78 kilos, dans l’enfer des surfaces anglaises. «Je faisais partie de ceux qui avaient des doutes, confesse Lollichon. Mais son adaptation est remarquable. Il s’est amélioré et a pris plus de confiance dans le domaine aérien où il doit appréhender des situations plus intenses qu’en France. Il compense son manque de masse par son explosivité, sa vitesse d’exécution, sa grande concentration et sa lecture du jeu.» Des qualités qui lui permettent aussi «de mieux anticiper le jeu en profondeur des adversaires», comme lors d’une sortie ultra-spectaculaire face à Arsenal. Letizi, quatre sélections en Bleu, confirme ces progrès: «Son jeu au pied était une faiblesse au début de sa carrière. Maintenant il maîtrise totalement, il a énormément gagné en longueur et met le ballon où il veut».

Alors Hugo Lloris, plus fort que jamais? Lollichon et Letizi le pensent. «Il est en train de prendre le chemin de ces quelques gardiens capables de jouer dans n’importe quel championnat, dans n’importe quel club, estime le coach de Petr Cech. Il a le costume pour jouer partout, car quand on s’impose en Angleterre, on peut jouer partout. Et actuellement, il est dans les 2 ou 3 meilleurs gardiens du pays.» En France, par contre, il est incontestablement le numéro un. Et sans doute pour longtemps.