Touristes ou ultras, qui sont vraiment les supporters de l’AS Monaco?

FOOTBALL Alors que le club de la Principauté va retrouver l’élite avec des gros moyens...

Antoine Maes

— 

Le défenseur monégasque Ricardo Carvalho lors d'un match amical contre Tottenham, le 3 août 2013.
Le défenseur monégasque Ricardo Carvalho lors d'un match amical contre Tottenham, le 3 août 2013. — VALERY HACHE / AFP

La blague fait toujours le tour des tribunes de Ligue 1: «Tu connais la différence entre Monaco et les autres clubs? C’est le seul où ce sont les joueurs qui connaissent le nom des supporters». Elle a encore moins de chances de s’arrêter depuis que le club de la Principauté a annoncé avoir battu son record d’abonnés cette année, en dépassant la barre des… 3.000 encartés. Un chiffre ridicule comparé au PSG (plus de 30.000) ou même à Lens (13.000), pourtant en Ligue 2.

Cet humour potache fait du fan monégasque le souffre douleur de tous ses petits camarades de France. «Ca devient un running-gag ça va 5 minutes… Des fois on te met des trucs dans la tête, j’en peux plus et je pète un câble», raconte Julien, 18 ans et habitué des travées de Louis II. Lui ne nie pas l’évidence. Parfois à domicile, il a «un sentiment de malaise, je me sens à l’extérieur». Qui s’explique aussi par ces milliers de places distribuées gratuitement aux invités, «parce qu’à Monaco, tout le monde connait tout le monde et que c’est très facile de récupérer un billet». Même l’arrivée de Falcao, «ce serait mentir de dire qu’elle a déclenché un raz-de-marée populaire». 

La 2ème meilleure affluence de Ligue 2 à l’extérieur 

Pourtant, Julien -comme tant d’autres- combat aussi les clichés collant aux basques des amoureux de l’ASM. D’abord, il y a ce chiffre: 3.500 abonnés pour une agglomération  de 75.000 habitants, ce n’est pas mal comparé aux 10.000 abonnés de Nice et son bassin de 800.000 personnes. Plus surprenant encore: la saison dernière en Ligue 2, Monaco était le 2ème club le plus suivi en déplacement, derrière Lens. Car si le soutien sur le Rocher est parfois ténu, l’ASM peut compter sur 14 sections de supporters en France métropolitaine. 

Et au pays des Grimaldi, il y a aussi des acharnés. Comme Nassim Lababedi, le président des Ultras Monaco 94. Ils sont à peu près 200, viennent de Monaco-même, de Menton de Nice ou du Var. Comme leurs camarades des autres clubs, ils ont eux aussi eu des relations compliquées avec leur direction, jouant «au chat et à la souris» quand il fallait faire rentrer des fumigènes ou des tifos à Louis II. Combattant «les médias qui ne s’intéressent aux ultras que quand il y a des problèmes». 

Le président des ultras: «On a des gens dont les parents sont au gouvernement monégasque» 

Des ultras presque comme les autres, parfois attendus par ceux de Marseille ou Nice pour des fights, et qui défendent «la culture monégasque». Ils sont juste un poil moins turbulents. «On a des gens dont les parents sont au gouvernement monégasque. On a même des gens du gouvernement qui ont été ultras dans le passé. Être ultra pour nous, c’est suivre le club partout, mais ce n’est pas la violence», explique Nassim Lababedi. 

Lui n’écoute plus les mauvaises langues qui chambrent le public de la Principauté. Même s’il reconnaît que ce n’est pas toujours simple de faire de l’antre monégasque un chaudron brulant comme peuvent l’être le Vélodrome ou Geoffroy-Guichard. «A l’extérieur, on a beaucoup de supporters issus des classes populaires, qui sont des gens qui chantent plus volontiers. A Monaco-même, c’est un public de spectateur, de gens qui ont l’habitude que tout soit fait pour eux», regrette Nassim Lababedi. Qui n’a donc pas fini d’entendre les supporters adverses le chambrer.