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Perche/Renaud Lavillenie: «Je ne me suis jamais senti aussi fort»

Perche/Renaud Lavillenie: «Je ne me suis jamais senti aussi fort»

ATHLETISMEAprès son record de France de la perche à 6,02m...
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Renaud Lavillenie, auteur d'une prestation sensationnelle samedi au meeting de Londres avec 6,02 m franchis au premier essai, avoue avoir «failli pleurer» avec son frère Valentin, qui participait également au concours.

Qu'avez-vous ressenti en franchissant 6,02 m?

Franchement je ne m'attendais vraiment pas à sauter aussi haut aujourd'hui. J'ai fait ça devant Valentin, et on a failli pleurer! Quand j'ai ouvert les rideaux ce matin, regardé les nuages, j'espérais simplement faire 5,80m ou 5,90m. Mais j'ai réussi à rester dedans même si le concours était très long. Souvent, quand je saute, je sais très rapidement que je vais passer la barre. Mais là, en cours de saut à 6,02m, je vois que ce n'est pas encore passé. Et je dois me dire "Esquive pour ne pas toucher!", alors je retire mon bras vite fait. Mais au final, je dois passer trois à cinq centimètres au-dessus.

Que peut-il vous arriver à Moscou (10-18 août) si ce n'est d'être champion du monde?

Ça reste de la perche! Et puis j'ai fait zéro à Lausanne et 5,60 m à Besançon dont j'ai eu mon lot de contre-performances. Je sais juste que je suis régulier. C'est mon 6e concours de la saison au-dessus des 5,90, alors qu'il y a peu d'adversaires qui ont franchi cette hauteur. Je sais aussi que je peux aller plus haut si besoin. Je ne me suis jamais senti aussi fort, aussi réglé, aussi régulier. En plus, je sais que je suis généralement meilleur dans les grands rendez-vous. Je suis d'ailleurs content de franchir les 6m pour la première fois dans un meeting, notamment pour mon sponsor qui a investi sur moi, et qui n'est pas le même que celui que j'ai en équipe de France (avec qui il avait franchi les 6m ses trois autres fois)! (sourires).

Qu'est-ce qui fait votre force aujourd'hui?

Je crois que je suis plus serein, plus apaisé qu'au moment des jeux Olympiques. J'ai gagné en maturité dans ma course d'élan, mes sauts, dans mes émotions. Aujourd'hui, je m'étais dit que j'avais fait un concours de dingue l'an dernier pour gagner le titre (5,97 m), et que rien que pour ça je ne pouvais pas le laisser échapper cette année.