Euro féminin de basket: Des Bleues populaires mais pas encore «bankables»
BASKET•Elles souffrent d’un déficit de visibilité...B.V.
Il y encore quinze jours, lorsque l’équipe se préparait à dézinguer tout ce qui se présente devant elle à son Euro, l’équipe de France le faisait sans sponsor maillot. Délaissées par les partenaires malgré une médaille d’argent aux derniers Jeux Olympiques, les coéquipières de Céline Dumerc ont pourtant tout pour séduire. «Elles sont performantes sportivement et donnent une image assez sympathique, note François Guyot, directeur de SportMarket, agence conseil en communication de marketing sportif. Il y a dans cette équipe une vraie ambiance, une unité, de la joie dans ce qu’elles font.»
Mise à part Dumerc, qui fait la photo de couverture du prochain dictionnaire Hachette, aucune «n’a une notoriété qui sort d’un public 100% basket», poursuit François Guyot, «malgré de jolis caractères comme Isabelle Yacoubou qui peuvent emerger». Finalement, c’est un partenaire historique de la Fédération, la Française des Jeux, qui est venu au secours des Bleues pour cet Euro. Mais Jean-Pierre Siutat, président de la FFBB, reconnait «qu’on pensait très sincèrement que ça allait se faire plus facilement. On a eu des difficulté pour convertir l’image et la compétitivité de notre équipe en termes de partenariats.»
Le vrai problème? «La couverture télévisuelle»
Pourquoi? «Un peu de conjoncture, la concurrence des têtes de gondoles du basket masculin mais surtout un vrai problème de fonds sur la valorisation du sport féminin», explique-t-il. François Guyot confirme: «C’est un problème qui touche l’ensemble du sport féminin en France. Actuellement, il n’est pas mis en avant médiatiquement comme il devrait l’être.»
Et ce malgré des salles pleines et des ventes de maillot qui explosent lors de cet Euro français. La faute à «la couverture télévisuelle», selon Jean-Pierre Siutat (les rencontres sont diffusées uniquement sur Sport+). «Avoir une meilleure couverture médiatique, ça passe surtout par la télé, détaille-t-il. Mais couvrir un tel événement, ca coûte cher, notamment en cout de production d’image. La question pour les télés est donc de savoir s’il y a un marché derrière. Il faut un coup de pouce pour engager le cercle vertueux. Pourquoi pas des pouvoirs publics?» Le président de la FFBB, qui se dit prêt à s’engager dans une «croisade pour valoriser le sport féminin» a déjà lancé plusieurs propositions en ce sens, comme de créer un fonds dédié à payer les frais de couverture. Mais avant d’en arriver-là, les Bleues devront se contenter de gagner en souriant pour gagner en notoriété.


















