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Les Omanais dans les frimas lorientais

Les Omanais dans les frimas lorientais

VOILEA l'entraînement avec le team Oman sail à quelques jours du départ de la Route des princés, le 9 juin...
Matthieu Goar à Lorient

Matthieu Goar à Lorient

De notre envoyé spécial à Lorient

Pour Fahad, Mohsin et Ahmed, la transition est radicale. A peine débarqués de l’avion et du TGV qui les ont conduits de la capitale omanaise, Muscat, à la Bretagne, les trois équipiers du trimaran Oman sail retrouvent les frimas de Lorient. «La première sortie, on y va toujours cool. Il faut que tout le monde retrouve ses réflexes», explique le skipper parisien Sidney Gavignet, un œil sur son équipe à la manœuvre.

>> Voir le site Oman sail

Grand voile réduite, le trimaran remonte le long de l’île de Groix, déjà sur une coque. «Stand by tacking one minute», lâche le skipper («En attente, virement dans une minute») Gavignet fait tourner son grand bateau pendant que Fahad, ancien plagiste, Mohsin, ancien militaire, et Ahmed, ancien pêcheur, s’activent sur les winchs.

«Faire revivre le patrimoine maritime du Sultanat»

Tous trois vont participer à la Route des Princes, course en équipage qui s’élance de Valence, dimanche. Ils ont été repérés puis sélectionnés au cours de tests par Oman sail, le programme lancée en 2008 par le sultanat qui veut développer la voile et «faire revivre le patrimoine maritime du Sultanat». Et accessoirement développer le tourisme et la marque Oman à l’étranger. «C’est une grande fierté. Nous sommes des représentants de notre pays», lâche diplomatiquement Mohsin, premier ressortissant d’un pays arabe à avoir fait le tour du monde à la voile. «Naviguer avec des pécialistes du multiciques nous fait gagner des années d’expérience», détaille Fahad, l’équipier omanais qui a le plus de potentiel, selon son skipper.

Un fonctionnement un peu particulier

Le vent accélère, le mod 70 replonge vers Lorient à plus de 30 nœuds (dont une pointe à 37,4 nœuds). Les accélérations sont brutales, sauvages. Ahmed, à peine 15 jours d’entraînement sur ce type de bateau, s’accroche. Gavinet crie mais plus personne n’entend rien. «Fonctionner avec un tel équipage est particulier. Tout le monde répète les ordres pour être sûrs que l’on se comprend bien en anglais», détaille le skipper avant de planter l’étrave. Le bateau se cabre, retombe du bon côté. «Ce sont des plateformes un peu délicates. La première nuit de la transat en 2012, je me suis fait quelques frayeurs avec Fahad à la barre. Mais c’est aussi le charme de ce projet, qui est un mélange de formation et de performance», analyse Gavignet qui a quand même demandé à son sponsor de pouvoir courir la Transat Jacques Vabre en double avec un équipier plus spécialisé dans le trimaran. «Pour une première sortie de retour, je les ai trouvés très bons», conclut le skipper.