Fête gâchée du PSG: «C'est un peu la faute du club»

TÉMOIGNAGES uatre internautes reviennent sur les incidents qui ont terni le sacre de champion de France du PSG lundi soir...

Christine Laemmel

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Laurent, internaute de «20 Minutes»

Pour Ivan, «supporter du PSG pur beurre», ce devait être la soirée de sa vie. Pourtant, comme Laurent*, Frédéric et Quentin, il s’est retrouvé lundi soir, dans une ambiance de «guerre civile». Comment ont-ils vécu la soirée? Qui a gâché le sacre du PSG? Ces quatre internautes de 20 Minutes, supporters, habitant du quartier ou membre de l’organisation, reviennent sur la fête qui a tourné au fiasco, aux alentours du Trocadéro, à Paris.

Dès le début, Frédéric, 23 ans, abonné historique au Parc des Princes, a trouvé l’organisation douteuse. «18h25, la station de métro Trocadéro était encore ouverte», nous raconte-t-il étonné. A cette heure-là, il débarque sur une place remplie, agitée, mais vivable. Pendant ce temps, Ivan, les yeux plein d’étoiles, suit en scooter le bus des joueurs, depuis la porte de Passy. Avec l’idée d’accompagner aussi le trajet de la péniche plus tard. Un projet vite avorté.

Un snack avec la «vitre éclatée» et «les gens qui se servaient dedans»

Rapidement, vers 19h, estiment à peu près tous les internautes, l’ambiance dégénère. «Le bus du PSG est apparu sur le côté puis a fait le tour de la place et s’est retrouvé bloqué en amont de l’avenue Paul Doumer, se souvient Frédéric. L’excitation est montée à ce moment-là. Les gens ont commencé à se couvrir le visage, l’odeur des fumigènes se faisant plus pressante. On ne voyait plus rien.» 

Une situation de «chaos» qui s’est détériorée tout au long de la soirée. Habitant de la rue Emeriau, à plus d’1km du Trocadéro, Quentin décrit, aux alentours de 22h, près de la station de métro Bir-Hakeim, «un sacré bazar». «Dès la sortie de l’immeuble, ça sentait le gaz lacrymogène, raconte cet habitant du 15e arrondissement. En avançant vers la Tour Eiffel, j’ai croisé deux ou trois bandes de 20 personnes, capuches sur la tête, écharpes sur le visage.» Au milieu des «éclats de verre», des «odeurs d’alcool», il évoque un snack avec la «vitre éclatée», et «les gens qui se servaient dedans». En rentrant chez lui, «parce que ça devenait trop glauque», il croisera une trentaine de CRS, «bien loin derrière».

«Les forces de l’ordre ne savaient pas où se mettre»

Aux dires des internautes, les difficultés des forces de l’ordre ont commencé bien plus tôt. «A l’arrivée du bus sur la place du Trocédaro, ils ont mis 15 minutes à s’organiser pour installer un cordon de sécurité, poursuit l’internaute. Comme s’ils ne savaient pas où se mettre.» Une désorganisation qui a surpris Frédéric, au vu des dispositifs mis en place les soirs de match. «Quand je vais au stade, il y a des barrières humaines, les camions de CRS sont placés à des endroits stratégiques pour canaliser la foule». Ce n’était pas le cas lundi. Laurent*, prestataire auprès des organisateurs, confirme. En plus d’un nombre de CRS et de gendarmes mobiles «sous-évalué au Trocadéro», «et particulièrement nerveux», soulignera Ivan, d’autres étaient selon Laurent, positionnés à d’autres endroits, «peut-être pour "défendre" les Champs Elysées», avance-t-il.

Ajoutés à la gestion contestable des forces de l’ordre, les caprices des dirigeants du club n’auraient fait, en plus, qu’aggraver la situation. «Tout ça pour faire une belle photo avec la tour Eiffel en arrière-plan» lâche Frederic. Et «les échafaudages», tiendraient presque de la provocation. «Des échafaudages, des jeunes un peu excités, ben oui, ils montent dessus». Forcément, «sur une place toute petite» et difficile d’accès, les «bonnes» conditions étaient réunies pour mettre le feu aux poudres. «On aurait dû le faire à la mairie de Paris, soumet Frédéric. Les joueurs auraient pu entrer bien avant et seraient apparus à la fenêtre.» Ivan évoque lui le Champ de Mars.  «C’est un peu la faute du PSG», ose finalement Frédéric.

«C’était pas les Ultras, mais plus une révolte de banlieue»

Des solutions «qui n’auraient pas évité la casse», estime Ivan. Car à côté de «la foule habituelle que l’on voit aux abords du Parc», il y avait clairement, selon Frédéric, «des gens venus juste pour se battre contre l’autorité», des «pseudos-supporters inconscients», dira Ivan. «C’était pas les ultras, affirme Frédéric. Je compare ça à une révolte en banlieue, mais pas à du hooliganisme. A un concert de rap ou de David Guetta au même endroit, on aurait eu les mêmes débordements.» Tant que c’est un événement «de culture urbaine», qui attire les jeunes en nombre.

Distinguant bien deux mouvements différents, Laurent, du côté de l’organisation, nuance. Accusant les ultras d’avoir créé un «effet d’entraînement». En étant à l’origine des «premiers incidents et affrontements», ils ont «laissé penser aux casseurs qu'il y avait des brèches dans le dispositif. Ils ont donc une large part de responsabilité.»

Samedi, le club essaiera de sauver les meubles à l’occasion de la rencontre PSG-Brest, pour laquelle Nasser- al-Khelaïfi a convié tous les anciens présidents du club. «Bien sûr, je serai au Parc samedi, annonce Frédéric, suivi par Ivan. Mais tout le monde ne pensera qu’à lundi».
 

*Le prénom a été modifié