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Ligue 1: Le projet du PSG ne se suffit plus à lui-même
FOOTBALL•Il existe beaucoup d’incertitudes autour de l’évolution du club...J.L.
C’était dimanche, deux bonnes heures après la fin du match à Lyon. Tout juste couronné champion de France, Zlatan Ibrahimovic, souriant comme une porte de prison mal entretenue, se voit demander s’il compte rester à Paris un an de plus. La réponse fuse: «J’ai encore deux ans de contrat, je suis un professionnel et j’ai l’habitude de respecter mes engagements. Donc je pense que oui.» Autant d’enthousiasme, c’est presque gênant. Et cela dépasse le cadre du Suédois. D’Ancelotti à Pastore en passant par Thiago Silva, la moitié des Parisiens ont au moins dit une fois cette année qu’ils se verraient bien retourner en Italie. Ou ailleurs.
«Je vous le garantis, les joueurs sont très liés au club»
Le projet du PSG n’a pas d’équivalent en Europe, mais Nasser al-Khelaïfi. en plein plan com’ d’après titre, est obligé de parler amour du maillot à la place des joueurs: «Je vous le garantis, tous ces joueurs sont très liés au club et ils seront là la saison prochaine» lance-t-il dans L’Equipe. «La ville est magique, l’équipe fonctionne bien, l’argent est là, je ne vois pas pourquoi tout le monde quitterait le navire, même si Carlo Ancelotti s’en va», assure Daniel Bravo, champion de France avec le PSG en 94.
Pourtant l’entraîneur italien devrait annoncer son départ dans les 48 heures selon la presse madrilène. Toujours dans L’Equipe, Nasser al-Khelaïfi n’est pas loin de la supplication: «Si vous essayez d’avoir Carlo, sachez qu’il lui reste un an de contrat. Aujourd’hui, nous n’avons pas la dimension du Real Madrid, mais ce n’est pas pour cela qu’on ne mérite pas le respect.» La bonne image laissée au Camp Nou en C1 n’a rien changé: le PSG n’a pas l’aura des très grands clubs européens, et cela semble être une limite indépassable, malgré l’investissement des Qatariens. L’actionnaire continue d’ailleurs de diviser. Au club, où Leonardo a reconnu lui-même au CFC que «l’humeur du propriétaire changeait chaque jour», une attitude capricieuse problématique à long terme. En Europe, où le modèle vertueux du Bayern a gagné du crédit au détriment des recrutements pharaoniques.
L’Europe toujours sceptique
«Le Qatar doit vraiment faire attention, sinon il y aura bientôt une révolte car les clubs ne sont pas prêts à jouer son jeu » prévient Karl-Heinz Rummenigge, membre du conseil d’administration bavarois dans Le Parisien. Tout le danger est là pour Paris: le club n’a pas encore assez transmis l’idée qu’il était capable d’offrir autre chose que le double de la concurrence sur une fiche de paye. Et ce n’est pas la L1, «moins faite pour le PSG, son talent et sa qualité de passe que l’Europe» selon Leonardo, qui va attirer - ou retenir - les grands joueurs.


















