Barcelone-PSG: Zlatan Ibrahimovic et le malentendu barcelonais

Julien Laloye

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Zlatan Ibrahimovic lors de son dernier match sous le maillot catalan, le 25 août 2010 au Camp Nou.
Zlatan Ibrahimovic lors de son dernier match sous le maillot catalan, le 25 août 2010 au Camp Nou. — D.Ramos/SIPA

De notre envoyé spécial à Barcelone (Espagne)

Au sein de l’état-major barcelonais, les mauvaises langues disent que le passage d’Ibrahimovic au Barça aura laissé plus de trace dans son autobiographie que sur le terrain. Débarqué chez les Blaugranas en échange de la moitié du PIB de la Catalogne - 45 millions d’euros en plus du transfert vers l’Inter Milan de Samuel Eto’o - Zlatan décide de mettre fin à son aventure espagnole moins d’un an plus tard en balançant à Pep Guardiola qu’il manquait de virilité au niveau des parties génitales, pour le dire poliment. La première d’une longe séries de remarques désobligeantes à propos d’un épisode qu’«Ibra» a du mal à oublier.

«Zlatan était apprécié du vestiaire»

La rancœur tenace du Suédois a pourtant tendance à noircir un peu le tableau. D’abord parce qu’Ibrahimovic, qui a souvent comparé les joueurs du Barça «à des écoliers ne pensant qu’à faire leurs devoirs», n’était pas le vilain petit canard du vestiaire catalan. «Il n’avait pas le caractère typique du Barça, mais ce n’est pas pour autant que les relations avec les autres étaient mauvaises, avance Johanna Franden, une journaliste suédoise qui suit Ibra comme son ombre. Xavi et Busquets par exemple l’appréciaient beaucoup, même s’ils ne le comprenaient pas toujours.» Passées les premières blagues pas toujours bien senties –le «Tu crois en Dieu? Alors tu dois croire en moi » lancé au jeune Bojan- le sens de l’humour très particulier du futur parisien a vite conquis ses coéquipiers. Ibra est même devenu copain comme cochon avec Piqué, jusqu’à une  histoire de photo suggérant une relation un peu plus qu’amicale entre les deux hommes pas vraiment bien vécue par le Suédois.

«J’aimais bien Messi, mais moi aussi je dominais le jeu»

Sportivement aussi Zlatan a rempli son rôle sans moufter. Il marque 22 buts, dont celui de la victoire face au Real dans le clasico et un doublé contre Arsenal en Coupe d’Europe. Alors qu’est-ce qui a bien pu faire dérailler la machine? Une simple histoire de mauvais karma selon Carles Rexach, ancien adjoint des années Cruyff et conseiller spécial de Sandro Rosell. «Des fois, deux personnes ne s’entendent pas et il n’y a rien à faire. Zlatan est un très grand joueur, que je mettrais sans hésiter dans mon équipe, mais avec Guardiola, il ne s’est jamais entendu, c’est comme ça». Une autre version circule, qui fait de Messi le principal responsable de l’échec d’Ibrahimovic au Barça, pour avoir demandé à «Pep» de choisir entre lui et «Ibra». C’est évidemment comme ça que le Suédois voit les choses: «Messi était la grande star de l’équipe. Je l’aimais bien mais le problème c’est que moi aussi je dominais le jeu. Pour lui, cela a dû être comme si quelqu’un rentrait chez lui et dormait dans son lit».

Si tel est le cas, on ne peut pas dire que l’histoire ait donné tort au futur entraîneur du Bayern Munich. Mais «Ibra» n’a pas perdu l’estime des supporters barcelonais pour autant. Marc, fidèle «socio» du Barça, continue de penser que l’attaquant parisien est le seul à pouvoir éliminer le Barça mercredi: «Avec lui, Guardiola a voulu montré qui était vraiment le patron au club. Mais si Zlatan avait été un peu plus patient, il aurait triomphé sans problème à Barcelone». Il est toujours temps de leur faire regretter.