Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Ligue des champions/PSG: Qui entraîne vraiment le Barça?

Ligue des champions/PSG: Qui entraîne vraiment le Barça?

FOOTBALLVilanova fait son retour sur le banc d'une équipe qui a continué à gagner sans lui...
Julien Laloye (avec F.L, à Valenciennes)

Julien Laloye (avec F.L, à Valenciennes)

Trois mois que tout Barcelone attendait ça. Mardi au Parc des Princes, Tito Vilanova pourra s’asseoir sur le banc réservé aux visiteurs, après plusieurs semaines passées à soigner un cancer des glandes salivaires à New York. Rassurons les Parisiens, cela ne devrait pas changer grand-chose: Vilanova a laissé son équipe en tête de la Liga avec treize points d’avance et qualifiée dans toutes les coupes, il la retrouve en lice pour une sixième demi-finale de C1 de rang et munie d’un matelas… de treize points d’avance en championnat.

«C’est tellement huilé que tout le monde joue ce rôle-là»

De là à dire que le Barça peut se targuer d’être la seule équipe au monde à être capable évoluer sans coach sur le banc du terrain, il n’y a qu’un pas que franchit presque Daniel Sanchez. L’entraîneur de Valenciennes, dont l’équipe a gagné en début de saison ses galons de «Barça du Nord», reconnaît qu’il passerait plus de temps à la plage qu’à la Ciutat deportiva de Barcelone s’il devait entraîner l’effectif catalan: «C’est tellement huilé que c’est un peu tout le monde qui joue ce rôle. Les joueurs sont tellement formés pour ce jeu que je ne suis pas sûr qu’ils aient besoin de beaucoup de coaching.»

«Il faut dire qu’on parle d’une philosophie ancrée depuis des décennies par des coachs avec une vision similaire et des méthodes de travail très proches», détaille Christian Gourcuff, un autre coach de L1 réputé pour sa volonté de bien faire jouer son équipe au ballon. Sauf qu’à Lorient, les joueurs n’en sont pas encore à préparer eux-mêmes la tactique d’avant-match lors des grandes occasions, comme les cadres catalans à la veille de la grande «remuntada» face au Milan (4-0). «C’est toute la méthodologie barcelonaise, entre rigueur collective mais aussi créativité individuelle sur tous les aspects», avance Gourcuff, qui n’y voit pas une négation du rôle de l’entraîneur. «Il faut quand même un chef dans une équipe. Quelqu’un qui décide et qui prend les grandes options, rebondit Daniel Sanchez. Je pense que Roura doit faire ce travail, même s’il ne doit pas passer des heures à leur expliquer ce qu’il veut.»

Les exemples d’Eto’o et Ibrahimovic

Cela n’a pas dû sauter aux yeux de Daniel Alvès, qui regrettait récemment l’absence de Tito Vilanova, dont «les idées lui manquaient». La preuve que même en échangeant par Skype régulièrement avec le successeur de Pep Guardiola, Jordi Roura n’a pas réussi à transmettre la même sensation de confiance à ses joueurs. «Roura n’a pas le même charisme, pas la même autorité que Vilanova, confirme Gourcuff. Guardiola, à l’époque, avait su remettre de la rigueur dans la vie de groupe en écartant certains joueurs dont l’état d’esprit ne collait pas avec le club.» Même Messi, dont on dit qu’il a séché l’entraînement volontairement la première fois que Guardiola a osé le mettre sur le banc, est tenu de respecter ce cadre: «On ne peut pas mettre en doute sa volonté de se mettre au service du collectif», explique Gourcuff.

Ronaldinho, Eto’o, ou Ibrahimovic, eux, ont dû quitter le Barça sur décret royal de «Pep». A chaque fois sans le vouloir vraiment, à chaque fois contre l’avis d’un vestiaire au sein duquel ils étaient dans l’ensemble appréciés. Pourtant, on ne peut pas dire que les résultats aient donné tort à leur entraîneur du moment.