Ligue des champions/PSG: Kevin Gameiro, mieux qu'un choix par défaut?

FOOTBALL L'attaquant du PSG pourrait débuter face à Valence par la force des choses...

Julien Laloye

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L'attaquant parisien Kévin Gameiro (au premier plan), buteur face au Stade de Reims, le 20 octobre 2012 à Paris.
L'attaquant parisien Kévin Gameiro (au premier plan), buteur face au Stade de Reims, le 20 octobre 2012 à Paris. — F.Mori/Sipa

Ça ressemble plus à un concours de circonstance très heureux qu’autre chose, mais ça se prend quand même. En l’absence de Zlatan Ibrahimovic et de Jérémy Ménez, Kevin Gameiro devrait jouer le premier match de sa carrière en Ligue des champions face à Valence. Carlo Ancelotti l’a mollement confirmé en conférence de presse, l’air de celui qui ne peut pas trop faire autrement: «Gameiro est le dernier attaquant de l’effectif, peut-être qu’il va remplacer Ibra, même si nous avons d’autres options pour le match de demain. Mais c’est vrai qu’il est le seul attaquant qui reste…» Pas tout à fait un vote de confiance, loin de là, même. L’ancien Lorientais sait qu’il est attendu au tournant.

Est-il prêt physiquement?

Remplaçant du remplaçant du porteur d’eau depuis le début de saison, Kevin Gameiro a débuté quatre matchs en 2013, tous les quinze jours en moyenne, sans jamais rester sur le terrain jusqu’au bout ou presque. Un rythme suffisant pour tenir sa place au niveau Ligue des champions? Lui se disait prêt à mordre dans cette opportunité après une prestation honnête en Coupe contre l’OM: «Je prends tout ce qu’on me donne. A moi de répondre présent quand on fait appel à moi. Si je dois jouer quinze ou vingt minutes, je donnerai tout.» Consultant pour Canal +, Franck Sauzée, serait prêt à prendre le risque: «Quand il rentre, il fait des appels, il est tranchant, il marque des buts. Pour moi, il a toutes les qualités pour jouer ce match.» Même si ça n’a pas l’air de sauter aux yeux de Carlo Ancelotti…

A-t-il le niveau?

La doublure de Zlatan Ibrahimovic ne se fait pas prier pour picorer les miettes laissées par le Suédois. Six buts marqués à droite à gauche en sept titularisations, on a connu bilan plus infâmant pour un avant-centre. Surtout si l’on fait semblant d’oublier le nom de ses victimes: Reims, Sochaux, Brest, ou Evian. «La C1, c’est quand même une autre dimension juge Olivier Rouyer, l’ancien attaquant de Nancy. Je lui souhaite de commencer, mais encore faut-il qu’il soit à la hauteur dans le jeu.» En apportant sa capacité à prendre la profondeur par exemple, une qualité souvent louée par Ancelotti quand on lui demande de dire du bien de son joueur? «C’est une possibilité, reconnaît Rouyer. Mais la profondeur, tu l’as déjà avec Lavezzi et Lucas. Il faudrait mieux un attaquant qui fixe.» Ce qui n’est pas ce que Gameiro sait faire de mieux.

Joue-t-il son avenir à Paris sur ce match?

Dans son malheur d’éternel remplaçant, Gameiro a la chance de ne pas avoir vu sa cote plonger à l’étranger. Dortmund s’est manifesté cet hiver, et Valence aurait profité du match aller pour revenir à la charge auprès de Leonardo. Mais comme il y a bien un jour où le club espagnol en aura marre de se faire éconduire par le Parisien, Gameiro ferait bien de choisir son camp rapidement selon Olivier Rouyer. «Le match face à Valence sera déterminant pour la suite de sa carrière. Soit il démarre titulaire et ça veut dire qu’il peut envisager de continuer dans son rôle à Paris, soit il est sur le banc, et ça veut dire que c’est mort. Il sera alors temps pour lui de faire un choix et peut-être de partir, à Valence ou ailleurs.» Un  problème qui se réglerait de lui-même si l’ancien Lorientais jouait et marquait un petit but mercredi soir, évidemment.