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Wesley Lautoa, de l'usine à la Ligue 1

Wesley Lautoa, de l'usine à la Ligue 1

FOOTBALLLe milieu défensif lorientais a percé chez les amateurs...
Romain Baheux

Romain Baheux

Le premier transfert dans la carrière de Wesley Lautoa n’a pas fait les gros titres de la presse en 2008. Peu surprenant quand on est transféré d’Epernay à Compiègne, en CFA, en fin de contrat. Désormais incontournable à Lorient, huitième de Ligue 1, le massif défenseur ou milieu récupérateur est un Ovni dans le monde du football professionnel alimenté par les centres de formation. «Je suis un peu moins lassé que les autres. Je m’émerveille toujours de petits détails, quand on va jouer dans les grands stades, de certains petits détails de la Ligue 1.» L’ascension a été plutôt difficile. Passé en équipe première à Epernay à 18 ans en 2005, Lautoa suit le parcours traditionnel du bon footballeur amateur qui grimpe les échelons. «Physiquement, c’était du très costaud, se souvient Bruno Scipion, son entraîneur en Champagne. C’était un garçon timide mais j’étais sûr qu’il pouvait percer. Mon seul doute, c’était sa capacité à partir d’Epernay, à quitter le cocon familial. Je lui ai conseillé d’aller à Compiègne où il pourrait faire facilement l’aller-retour en cas de coup de blues.»

«Je ne voulais pas jouer en CFA chaque week-end»

Direction la Picardie, à un peu plus de 100 kilomètres de distance, pour poursuivre son apprentissage de la CFA. Sous contrat fédéral, le jeune homme originaire de Wallis-et-Futuna peut se consacrer exclusivement au football. «Je n’étais pas très bon à l’école et je l’ai quittée jeune mais ma mère m’a dit d’aller bosser. Je suis allé six mois à l’usine, j’ai alors compris que la vie était dure et qu’il fallait que je fasse quelque chose d’autre», raconte Lautoa. Après une saison à prendre ses marques, Lautoa explose en 2009-2010 et attire l’attention de clubs pros. Les recruteurs de Lille, Saint-Etienne et Sedan élisent domicile le long de la main courante du terrain compiégnois. «Il a vraiment pris une autre dimension la deuxième année, raconte Philippe Tourre, le président picard. Il faisait moins la fête qu’en première année où il s’est laissé un peu aller, et était plus concentré sur le terrain. Il était en fin de contrat, on a vite su qu’on ne pourrait pas le garder.»

C’est finalement le club ardennais qui raflera la mise et lancera le joueur chez les pros en 2010. «J’ai eu des offres d’équipes de Ligue 1, raconte l’intéressé. Mais je voulais jouer en pro, pas aller en CFA chaque week-end.» Il ne mettra qu’un an et demi à passer à l’échelon supérieur en s’engageant à Lorient il y a un an pour ensuite devenir capitaine pendant les six mois de blessure de Bruno Ecuele-Manga cette saison. «Ça s’est fait assez naturellement, Christian Gourcuff m’a dit de ne pas me prendre la tête avec ça. Je ne fais plus de complexe comme lorsque je suis arrivé à Sedan. Je suis un vrai professionnel maintenant.»